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Choisir son matériel de puériculture

Portage : comment choisir entre écharpe et porte-bébé ?

Un papa porte son nourrisson dans une écharpe de portage

L'écharpe

Après être un temps tombé en désuétude, le portage en écharpe a à nouveau le vent en poupe auprès des jeunes parents. Et pour cause :  il favoriserait non seulement la sécurité affective du nourrisson, mais il renforcerait également le lien parent-enfant et apaiserait certains maux du tout petit comme les coliques ou le RGO tout en respectant respectant la physiologie de l'enfant et du porteur ! Mais quelle écharpe choisir ?

Echarpe classique ou Sling ?

Il existe, en matière d'écharpes de portage, plusieurs modèles, que l'on peut classer en trois grandes familles :

  • Les écharpes classiques, que l'on noue soi-même, sont disponibles en différentes matières qui ont chacune leurs avantages et leurs inconvénients. Ainsi, le coton (sergé brisé, simple, etc.) et/ou le lin sont généralement privilégiés car respirants, résistants et se déformant peu. Plus maniables et parfois considérés comme plus simples d'utilisation, le jersey ou le lycra ont par contre tendance à tenir plus chaud au bébé.
  • Les écharpes à anneaux (dites Sling), prénouées ou sans noeud, sont plus accessibles aux parents néophytes ou peu désireux de dompter l'art des nœuds de portage. Par contre, elles sont souvent moins adaptées aux longs déplacements et généralement conseillées à partir de 4 mois seulement.
  •  Moins courant, le Mei Tai est inspiré de la tradition de portage asiatique. Il se compose d'un carré de tissu et de 4 lanières qu'on accroche 'en bretelles" et autour de la taille. Entre l'écharpe et le porte-bébé, il permet de caler l'enfant sur le ventre, le dos ou la hanche des parents.

Les bonnes questions à se poser :

Aussi bénéfique soit-il, le portage en écharpe est avant tout une question de feeling, d'envie. Et il est parfois difficile, en tant que futurs parents, de se projeter dans cette pratique que certains peuvent percevoir comme complexe ou peu en phase avec leur conception de la parentalité. D'où l'utilité de s'interroger avant d'investir 50 à 100 euros inutilement. Les pistes à creuser :

Au moment de la recherche :

  • Ressentez-vous le besoin de garder votre bébé contre vous ? Au contraire, souhaitez-vous que les sorties restent un moment de partage un peu plus distancié (en poussette par exemple) ?
  • Avez-vous le temps et l'envie de vous initier au portage en écharpe (ateliers, entraînement à domicile, etc.) ou souhaitez-vous une solution de portage clé en main, immédiatement sans contrainte ?
  • Avez-vous des aînés, un mode de vie nécessitant d'avoir les mains libres, de réaliser plusieurs tâches à la fois ?
  • Quel sera l'usage de l'écharpe : un appoint en complément de la poussette ou l'accessoire de sortie de prédilection ?

Au moment de l'achat :

  • La taille de l'écharpe est-elle adaptée à tous les porteurs ?
  • Les matériaux utilisés sont-ils vraiment destinés au portage ?
  • À partir de quand le bébé va-t-il être porté en écharpe ?  Dès la naissance ou après quelques mois ?
  • Quel type de sortie est prévue avec l'écharpe : longue balade, sortie rapide, les deux ?

Les normes de sécurité à respecter :

S'il n'y a pas de norme française spécifique aux écharpes de portage, il est tout de même essentiel de vérifier avant l'achat que :

  • le produit choisi remplisse les exigences du décret du 20 décembre 1991 (1) sur la sécurité des objets de puériculture. L'écharpe doit ainsi être achetée avec sa notice d'utilisation et son emballage doit préciser :
    + la mention "conforme aux exigences de sécurité",
    + les noms du produit et du fabricant, sa raison sociale et/ou sa marque et son adresse.
  • le textile de l'écharpe corresponde à la norme OEKO-TEX 100, qui garantit l'innocuité des colorants, fibres, modes de traitement du produit.

Les précautions d'usage :

Aussi bénéfique soit-il pour le bébé, le portage en écharpe doit faire l'objet d'une attention toute particulière, surtout chez le nourrisson. En effet, depuis quelques années, plusieurs cas de suffocation ou de mort inattendue du nourrisson dus au mauvais positionnement du bébé dans l'écharpe ont été recensés et les mises en garde médicales se sont multipliées (2). Autre risque qui ne doit pas être négligé : l'hyperthermie. Au cours de ses premiers mois de vie, le nourrisson n'est pas en mesure de réguler correctement sa température corporelle et peut donc être plus facilement victime de déshydratation. Heureusement très rares,  ces événements doivent toutefois être pris en compte par les parents :

au moment de l'achat, en :

  • privilégiant les matières légères et respirantes (coton en sergé brisé, par exemple),
  • vérifiant que le tissu est résistant, ne soit pas susceptible de se déformer à l'usage (tissé dans le biais),
  • préférant une écharpe longue (5 m ou plus) afin de pouvoir réaliser tous les nœuds et s'adapter à la morphologie de tous les porteurs (et éviter ainsi un portage trop serré).

Lors du portage, en :

  • installant toujours l'enfant en position verticale, face au porteur,
  • évitant tous les portages face au monde qui peuvent favoriser les problèmes de posture, la sur-stimulation, voire même les irritations et les blessures,
  • privilégiant les nœuds dits kangourou, devant (à la naissance), dos ou en hamac sur le côté pour bien soutenir la tête du bébé et lui permettre d'adopter une position physiologique,
  • évitant les nouages croisés.
  • portant le bébé haut : sa tête doit être positionnée à la base du coup du parent.
  • surveillant que le nez et la bouche de l'enfant sont toujours bien dégagés.
  • hydratant régulièrement l'enfant porté en écharpe,
  • étant toujours attentif  à la respiration, le tonus, la couleur de l'enfant.

Les conseils des mamans :

"Avant la naissance, je n'étais pas tentée outre mesure par le portage. Puis Violette est née. Un vilain RGO, des nuits très difficiles... Elle était un de ces bébés qui ont besoin d'être dans les bras, tout le temps ou presque.  A ce titre, l'écharpe a fait des merveilles : dès que je l'enfilais pour sortir, la petite était calmée instantanément. Sur les conseils d'une amie, j'ai couplé son utilisation avec un tee-shirt peau-à-peau, qui permet de garder le bébé contre soi avec sa "poche" intégrée, de lui offrir un environnement calme et rassurant avec l'odeur et le contact avec sa maman et de garder les mains libres. C'est aussi un bon moyen de tester le portage sans investir dans une écharpe qu'on n'est pas sûre d'utiliser !" Mylène, 27 ans 

 "J'ai toujours eu envie de tenter le portage en écharpe. J'ai donc investi dans un beau modèle lors de ma première grossesse... sans me préoccuper du nouage. Résultat : à la naissance de mon fils, j'ai essayé de m'y atteler deux fois avant de perdre patience et de renoncer. Pour mon cadet, j'ai tout de suite pris les devants. Je me suis inscrite avec le papa dans un atelier de portage assez tôt pendant ma grossesse (vers 5 mois). Nous avons ainsi pu apprendre les nœuds ensemble, sans que mon ventre ne soit un obstacle. Gabriel a aujourd'hui 8 mois et je savoure chacune de nos balades en écharpe !" Julie, 30 ans

Le porte-bébé

Pouvoir blottir son bébé contre soi lors d'une sortie, passer facilement dans des endroits difficiles à atteindre en poussette, pratique, facilement adaptable à la saison (avec le port sous un manteau par exemple)... Le porte-bébé a bien des avantages. Reste à choisir le produit qui convient vraiment à toute la famille.

Porte-bébé ventral ou dorsal, physiologique ou préformé  ?

En matière de porte-bébé, comme souvent avec le matériel de puériculture, il existe une  variété de modèles différents et une gamme de prix élastique (35 à 150 euros environ) rendant le choix des parents parfois difficile. Face à une offre parfois déroutante, il peut être bon de commencer par se rassurer : quel que soit le modèle choisi (préformé, physiologique ou en écharpe), les nouveaux porte-bébé répondent aujourd'hui tous aux besoins des enfants en termes d'ergonomie et de sécurité.

Toutefois, un facteur décisif doit être pris en compte au moment de l'achat : l'âge et le développement de l'enfant.

  • de la naissance (ou à partir de 4 mois, selon les modèles) aux 6 mois du bébé, le porte-bébé doit être ventral et le bébé positionné face à son parent. Une fois qu'il sait tenir sa tête seul et que le modèle choisi le permet, il peut être porté face au monde.
  • Dès que le bébé maintient bien sa tête et sait s'asseoir seul jusque vers 3 ans environ (15 à 18 kilos selon les modèles), le porte-bébé peut être dorsal.

Les bonnes questions à se poser :

Au-delà de ces impératifs, le choix du porte-bébé dépend des besoins de chacun et de l'usage qui en sera fait. D'où, là encore, l'utilité de s'interroger avant d'investir...

Au moment de la recherche :

  • Est-ce que porte-bébé sera un accessoire d'appoint ou aura-t-il vocation à être utilisé quotidiennement ?
  • À partir de quand le porte-bébé sera-t-il utilisé ? A-t-on vocation à l'utiliser pendant les premiers mois de l'enfant ou à plus long terme ? À noter : tous les porte-bébé ne sont pas adaptés à une utilisation dès la naissance et les modèles sont rarement évolutifs jusqu'à 3 ans. Un nouvel de porte-bébé dorsal peut donc s'imposer.
  • Quel budget est prévu pour cet achat ? L'article sera-t-il neuf ou d'occasion ?

Au moment de l'achat :

  • Quel est le poids maximal du bébé prévu pour le dit porte-bébé ? Permet-il de porter l'enfant dans différentes positions : face à soi, face à la rue, voire sur le dos ?
  • Est-ce que le bébé est bien installé dans l'assise du porte-bébé ? Sa forme est-elle ergonomique ? Le bébé a-t-il bien les jambes en "M" ou semble-t-il 'suspendu' (voire à ce titre les précautions d'usage) ?
  • Le porte-bébé est-il équipé d'un appui tête qui permette de bien caler l'enfant ? Cet appui-tête est-il adaptable à l'âge et la morphologie du bébé ?
  • Les matériaux utilisés sont-ils respirants, l'air passe-t-il bien ? Le textile du porte bébé est-il labellisé Oeko-Tex 100® ? Passe-t-il en machine ?
  • Le modèle est-il pratique d'utilisation ? Peut-on l'enfiler seul, sans l'aide de l'autre parent ? Est-il confortable et adaptable à la morphologie des deux parents ?

Les normes de sécurité à respecter :

Selon la Commission de Sécurité des Consommateurs,  il convient, avant tout achat, de vérifier que le porte-bébé ventral choisi respecte 3 normes :

  • Norme NF EN 13209-1 (décembre 2004) : Articles de puériculture – Porte-enfants – Exigences de sécurité et méthodes d’essai – Partie 1 : porte-enfants dorsaux avec armature.
  • Norme NF EN 13209-2 (février 2016) : Articles de puériculture – Porte-bébé – Exigences de sécurité et méthodes d’essai – Partie 2 : porte-bébé souples
  • Décret n° 91‐1292 du 20 décembre 1991 dit de puériculture.

Les précautions d'usage :

Le porte-bébé ventral a fait l'objet de plusieurs polémiques au cours des dernières années. Les anciens modèles ont ainsi été accusés (parfois à raison) de laisser les bébés suspendus, pieds et bras ballants, de ne pas laisser aux nouveau-nés la liberté de mouvement nécessaire pour favoriser le développement de leurs articulations, voire de ne pas les soutenir suffisamment ou d'exercer de trop fortes pressions sur leur système génital. 

Réalisés avec l'aide de différents professionnels de santé (kinésithérapeutes, psychomotriciens, etc.),  les modèles les plus récents sont généralement "ergonomiques" et plus respectueux de la physionomie des enfants en bas-âge. Toutefois, afin de favoriser le bon positionnement et le confort du bébé, il est conseillé aux parents :

  • d'acheter le porte-bébé une fois l'enfant né. L'objectif : vérifier son installation et sa réaction dans le produit, mais aussi être certains que le modèle choisi s'adapte bien à la morphologie de la mère en-dehors de la grossesse,
  • de s'assurer que le bébé est positionné bien à la verticale, la tête soutenue par l'appui-tête,
  • de toujours soutenir le nouveau-né dans le porte-bébé (une main derrière la tête, une main sous les fesses),
  • de privilégier les balades courtes, plus particulièrement chez le nourrisson.

Par ailleurs, certaines précautions de sécurité sont également à prendre, à savoir :

  • vérifier, avant l'usage, la stabilité d'un porte-bébé dorsal,
  • s'assurer que le bébé est bien calé, qu'il ne peut pas se mettre en danger, en prenant appui sur le repose-pieds du porte-bébé (là encore dorsal),
  • habiller le bébé en fonction du temps, mais aussi du type de portage. Ainsi un bébé porté en position ventrale face à ses parents aura tendance à avoir très chaud rapidement. A contrario, un bébé porté en position dorsale sera beaucoup plus exposé aux éléments. Des habits chauds en hiver et des protections solaires en été seront d'autant plus importants.
  • éviter les modèles trop anciens, vérifier lors de l'acquisition d'un porte-bébé d'occasion qu'il respecte les normes en vigueur et qu'il est disponible avec sa notice d'origine.

Les conseils  des mamans :

"Par soucis d'économie, j'ai récupéré, pendant ma première grossesse, le porte-bébé d'un proche. Je me suis rapidement rendu compte que cela n'allait pas me convenir. Les lanières me serraient au niveau des épaules, je n'arrivais pas à le retirer sans l'aide de mon compagnon... Après la naissance, mes doutes ont vite été confirmés : sortir mon bébé du porte-bébé quand j'étais seule relevait de l'exploit et les balades se soldaient toujours, de mon côté, par des épaules irritées et le dos en miettes. Je l'ai rapidement mis de côté et ai fini par investir dans un porte-bébé choisi en fonction de ma morphologie et du confort de mon bébé. Je ne l'ai pas regretté !" Virginie, 25 ans

 "J'ai longtemps hésité à investir dans un porte-bébé. Pendant ma grossesse, j'étais plutôt séduite par le concept du portage en écharpe et son côté très maternant. C'était sans compter sur mon manque de patience à apprendre l'art des nœuds ! J'ai finalement trouvé la solution en investissant dans un porte-bébé physiologique. Moins rigide qu'un porte-bébé "préformé" et plus facile d'emploi qu'une écharpe de portage, il me convenait parfaitement. Seul inconvénient : comme il n'était pas adapté au bébé de moins de 4 mois (car moins "soutenant"), j'ai dû privilégier la poussette les premiers mois". Souad, 29 ans.

Journaliste spécialiste du parenting, de la beauté, du bien-être. Auteure de Mon cahier Ma grossesse et moi, Mon cahier Forme et minceur après bébé et 100 conseils essentiels : la grossesse (Ed....
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