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Progrès et réanimation

A partir de quel âge le bébé prématuré a-t-il une chance de survivre ?

A partir de quand est-on capable de prendre en charge le bébé ?

Avec les progrès de la médecine, les possibilités de prise en charge du nouveau-né se sont améliorées.

En théorie, un bébé peut vivre à partir de 22 semaines d’aménorrhée (depuis les dernières règles) soit 5 mois de grossesse ou à partir de 500 g. Néanmoins, il y a un tel risque de handicap associé à cette extrême prématurité que les médecins français ont toujours été réticents à une prise en charge des nouveau-nés avant 23, voire 24 semaines d’aménorrhée.

Mais, la vraie question est plutôt de savoir si les parents souhaitent une prise en charge…

En effet, avec la prématurité existe une immaturité importante des systèmes vitaux du bébé. Les poumons, le cerveau, les intestins ne sont pas prêts à fonctionner et leur très grande fragilité dans les premiers temps de vie, entraîne parfois des complications fatales et de grandes séquelles. Mais parfois tout va bien, et le bébé résiste.

Ces complications dépendent de plusieurs critères :

  • l’âge de la grossesse ;
  • la réalisation d’un traitement chez la mère permettant d’accélérer la maturation du bébé (la corticothérapie) ;
  • le sexe du bébé (les filles sont souvent plus robustes que les garçons) ;
  • le contexte de la naissance (est-ce que le bébé grandit bien, est-ce qu’il y a une infection...).

La réanimation : un choix qui se réfléchit

C’est pourquoi la décision de faire une réanimation active à la naissance doit se prendre en concertation entre les médecins (pédiatres et obstétriciens) et les parents, après une information claire sur la situation, les chances et les risques de la réanimation.

Certains parents préfèreront tenter le tout pour le tout, d’autres s’orienteront plutôt vers un accompagnement du bébé vers le décès, sans souffrir. D’autres encore opteront pour une prise en charge au cas par cas, selon la réaction de l’enfant à la naissance, en essayant de réanimer, mais sans s’acharner.

Bien sûr, au fur et à mesure qu’on avance dans la grossesse, les risques sont de moins en moins importants, et les bébés de plus en plus autonomes. Aussi les risques sont déjà bien moindres à 28 semaines d’aménorrhée et à partir de 34 semaines, les bébés n’ont, le plus souvent, pas besoin d’aide pour respirer et peuvent vivre sans réanimation.

, Gynécologue-obstétricien
Adrien Gaudineau est Praticien Hospitalier au sein du Pôle de Gynécologie-Obstétrique des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg. Il est plus particulièrement investi dans la prise en charge des...
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