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Réponses du Dr Osika aux questions des parents

Faut-il avoir peur de l'aluminium dans les vaccins ?

Photo : Pixabay

L’aluminium est un métal que l’on retrouve, dans l’air, dans les sols, mais aussi dans l’eau. Ainsi selon le type d’aliments que l’on mange, on ingère de 2 à 15 milligrammes d’aluminium par jour. A titre de comparaison, les vaccins contiennent moins de 1 milligramme d’aluminium.

Pourquoi les vaccins contiennent-ils des sels d’aluminium ?

Les vaccins sont composés d'éléments de bactéries ou de virus qui sont responsables des maladies. Ces éléments, rendus inoffensifs, vont être à la base de la réaction immunitaire qui donne son efficacité à la vaccination. Au début de l’ère de la vaccination, on a utilisé des bactéries entières (celles de la coqueluche par exemple) que l’on avait simplement un peu « abîmées » pour qu’elles ne soient plus dangereuses. Ces vaccins étaient très efficaces, mais pas très bien tolérés (douleur et fièvre notamment). La recherche a ensuite identifié quels petits morceaux des bactéries pouvaient donner la meilleure réponse immunitaire ; dans le cas de la coqueluche, on a donc gardé que trois protéines principales. La tolérance est donc meilleure, mais l’efficacité nettement moins bonne ; on a donc décidé d’ajouter un « booster » immunitaire : un adjuvant. Cette association antigène-adjuvant est utilisée dans la plupart des vaccins actuels. Différents adjuvants ont été testés. Les sels d’aluminium sont aujourd’hui les adjuvants les plus efficaces et les mieux tolérés et ce depuis plus de 90 ans.

De quoi sont composés les vaccins dans leur totalité ?

Les vaccins sont composés d’ « antigènes vaccinaux » qui sont issus de bactéries ou de virus. Afin de rendre le vaccin plus efficace, l’antigène vaccinal est généralement combiné à un adjuvant qui est très souvent un sel d’aluminium (hydroxyde ou phosphate). Des conservateurs antimicrobiens peuvent être employés pour empêcher toute contamination, enfin des stabilisants peuvent être utilisés afin d’assurer sa conservation.

J’ai entendu dire que les sels d’aluminium adjuvants des vaccins restent dans le corps sans s’éliminer. Est-ce vrai ?

Non, les sels d’aluminium des vaccins sont relâchés progressivement dans la circulation sanguine et sont ensuite éliminés par le rein. En quelques jours, il n’y a plus d’aluminium d’origine vaccinale dans l’organisme.

Est-ce que certaines maladies neurologiques ou des cancers peuvent être déclenchés par l’aluminium des vaccins ?

Non, nous ne connaissons de maladie grave déclenchée par l’aluminium, que dans des cas très particuliers où l’exposition est massive : les ouvriers qui travaillent dans l’industrie de l’aluminium par exemple, ou cas très particulier, les malades qui sont dialysés rénaux.

Si mon bébé reçoit 11 vaccins en une fois, cela fera 11 fois de volume de sels d’aluminium que son corps recevra aussi. N’est-ce pas trop ?  Et ensuite de même à chaque rappel ?

Votre enfant ne recevra pas 11 vaccins en même temps, mais au maximum 7 à trois moments différents (2 mois, 4 mois et 11 mois) et quatre à deux moments différents (12 mois et 18 mois). Les quantités d’aluminium sont à chaque fois très faibles et s’éliminent rapidement.

Je suis pour les vaccins, mais je ne comprends pas pourquoi on ne peut pas trouver des vaccins sans adjuvants nocifs. Existe-t-il des alternatives ? Dans d’autres pays par exemple ?

Non, il n’y a pas d’alternative actuellement : soit les vaccins n’ont pas besoin d’adjuvant (c’est le cas des vaccins vivants comme le vaccin contre la rougeole), soit l’adjuvant est nécessaire et l’aluminium est celui qui est le mieux connu et le mieux toléré. Des recherches pourraient permettre de trouver des adjuvants sans aluminium, aussi efficaces et aussi bien tolérés, mais pour l’instant ces adjuvants n’existent pas.

Est-ce que mon bébé peut être allergique à l’aluminium des vaccins ?

Pour l'instant, il n’a jamais été décrit d’allergie à l’aluminium.

Mon bébé est né prématuré et est encore fragile notamment sur le plan respiratoire. Je suis très inquiète de devoir le faire vacciner avec 11 vaccins, a fortiori avec des adjuvants peut-être nocifs. Est-ce que dans son cas, il ne faudrait pas prévoir une vaccination progressive et peut-être l’exempter de certains vaccins pour limiter leur toxicité sur son corps peu résistant ?

Non, tout au contraire, votre bébé est particulièrement sensible aux infections, car son immunité n’est pas encore mature et efficace ; il faut donc le protéger rapidement. Le calendrier des vaccinations, recommandé dans son cas, comporte deux injections de plus que pour un enfant à terme ; mais une fois encore c’est pour éviter une maladie grave.

>Lire aussi notre article :  7 questions pour comprendre les nouvelles obligations vaccinales pour les bébés 

, Pédiatre
Eric Osika est pédiatre avec une activité libérale et une activité de pédiatre attaché dans le service de pédiatrie de l'hôpital Saint-Camille à Bry-sur-Marne. Ancien rédacteur en chef de la revue...
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