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Enquête de santé

La liste des médicaments et traitements à éviter pour les enfants selon «Que Choisir»

Photo : Pixabay

Une surconsommation de médicaments

En 2005 une enquête de la Caisse primaire d’assurance maladie de l’Aude révélait qu’un enfant sur dix de moins de 15 ans s’était vu prescrire un médicament contre-indiqué pour son âge. Conscients que trop de médicaments donnés pour traiter des maux bénins de l’enfance exposent à des effets indésirables graves, les médecins revoient leurs prescriptions. De nombreux médicaments ont été déremboursés ou même retirés, car inutiles, voire dangereux. Malgré tout ces efforts et changements, un certain nombre de médicaments à éviter sont encore en vente dans les pharmacies.

Contre les douleurs

Chez les bébés, les douleurs liées aux poussées dentaires sont très fréquentes, tout comme les douleurs aux oreilles, à la suite d'une otite, ou encore les maux de gorge. Ces petites douleurs peuvent perturber le quotidien et nuire au sommeil de l'enfant. Pendant la période des premiers pas l'enfant peut chuter et se faire mal, avoir des petits bleus. Dans ces cas-là, la douleur ne dure pas bien longtemps. 

  • Ce qui peut être utilisé : souvent, le paracétamol est le premier médicament auquel on pense. Il agit aussi bien sur le mal de tête, le mal de gorge ou les douleurs dentaires.
  • Ce qui doit l'être avec précaution : quant à l’ibuprofène, il peut être plus efficace dans les douleurs intenses et les traumatismes, mais mieux vaut l’utiliser en étant conscient des contre-indications et toujours après un premier avis médical. Ce dernier est à éviter dans les douleurs dentaires.

Contre la fièvre

La fièvre du nourrisson est redoutée en raison des convulsions. De ce fait, hormis dans les trois premiers mois si des taches violacées apparaissent sur la peau, la fièvre ne doit pas vous inquiéter. Elle n’est pas forcément à combattre, car c’est simplement le signe que l’organisme se défend contre une infection, le plus souvent virale. Si l’enfant la supporte bien, la « faire tomber » n’est pas indispensable. D’autant que les médicaments les plus ­couramment utilisés, très efficaces, ne sont pas dénués de risques.

  • Ce qui peut être utilisé : la fièvre fait peur, mais si le bébé ou l’enfant la supporte bien, il n’est pas forcément utile de la traiter. Si un médicament est nécessaire, le paracétamol (Doliprane, Dolko, Dafalgan pédiatrique) fait l’affaire, à condition de bien respecter la posologie, c'est à dire les quantités prescrites.
  • Ce qui doit l'être avec précaution : encore, l’ibuprofène (Advilmed, Nurofenpro) est également efficace, mais en raison de ses contre-indications et de ses effets indésirables, un avis médical au préalable est nécessaire. Enfin, si la fièvre est très forte, qu'elle persiste au-delà de 48 heures ou qu'elle est associée à d'autres symptômes qui pourraient suggérer une infection bactérienne, mieux vaut contacter votre pédiatre.

Contre la toux

La toux est un réflexe naturel pour dégager les voies respiratoires. Le plus souvent, chez l’enfant, elle est provoquée par l’écoulement dans la gorge des sécrétions nasales causées par un rhume. Elle se traite en désobstruant le nez plusieurs fois par jour. Sa fréquence ne doit pas dispenser d’un diagnostic. Les autres motifs de toux aiguë sont l’asthme, l’allergie respiratoire, la bronchiolite, la laryngite, la bronchite ou la pneumonie. Mieux vaut traiter la cause, plutôt que s’acharner à faire disparaître la toux.

  • La conduite à suivre : même si elle s’accompagne d’une fièvre persistante, de difficultés à respirer ou si elle est liée à une allergie, la toux est le plus souvent bénigne. C’est en supprimant sa cause qu’elle s’atténuera. En général, empêcher l’écoulement des glaires du rhume dans la gorge en désobstruant le nez, avec du sérum physiologique ou de l’eau de mer stérile, est la mesure la plus efficace
  • A utiliser avec précaution : des médicaments symptomatiques existent, mais leur « efficacité est faible et souvent comparable à celle d’un placebo », indique le Dr Benoist dans l'article de Que Choisir. Certains entraînent, notamment chez les plus jeunes, un risque d’effets secondaires sérieux. D’ailleurs, leur utilisation est interdite avant 2 ans. Même après 2 ans, contre-indications et effets indésirables doivent être pris en compte. Mieux vaut se passer des sirops si on peut. À noter, ces médicaments sont tous contre-indiqués chez les moins de deux ans. 

Contre le rhume

Aucun enfant n’échappe au rhume, une atteinte virale sans gravité. Chez le tout-petit cependant, la respiration spontanée par la bouche étant impossible, le nez bouché doit être pris au sérieux. Mais un rhume à cet âge est rare. Au-delà de 6 mois, il est très fréquent et jamais grave.

  • Ce qui peut être utilisé : pour limiter les dégâts, faites simple : le sérum physiologique en dosette ou l’eau salée en spray plusieurs fois par jour sont vos meilleurs alliés, y compris pour éviter la toux.
  • A utiliser avec précaution :  les sprays antiseptiques ou décongestionnants pour le nez, les suppositoires combinant un antiallergique et du paracétamol ou les inhalations à base d’huiles essentielles sont à éviter. Aussi naturelles soient-elles, ces dernières peuvent entraîner un risque de convulsions.

Contre la diarrhée

Les enfants de moins de 3 ans subissent 0,5 à 2 épisodes de diarrhée aiguë par an, en Europe. Elles sont le plus souvent bénignes, évoluant favorablement de manière spontanée en moins de 7 jours. Une diarrhée doit toutefois être bien surveillée chez les nourrissons en raison du risque de déshydratation. Agitation ou état léthargique, augmentation de la soif, yeux cernés, muqueuses sèches, ou encore diminution des larmes ou des urines sont les principaux signes de la déshydratation.

  • Ce qui peut être utilisé : la réhydratation prime. Les sociétés savantes sont formelles : la prise en charge de la diarrhée aiguë consiste avant tout à prévenir la déshydratation, en particulier chez l’enfant de moins de deux ans. Pour ce faire, les solutions de réhydratation orale (SRO) doivent être présentes de manière préventive dans l’armoire à pharmacie familiale.
  • A utiliser avec précaution : d’autres médicaments estampillés antidiarrhée ne sont pas recommandés. Ainsi l’Imodium, délivré sur ordonnance pour ralentir la motricité intestinale chez l’enfant à partir de 2 ans, peut provoquer des syndromes pseudo-occlusifs en bloquant le transit et expose à des somnolences gênant la réhydratation. De même, les antiseptiques intestinaux (Panfurex, Nifuroxazide), également sur ordonnance et réservés aux plus de 2 ans, n’ont aucun effet sur la diarrhée aiguë et sont même potentiellement toxiques pour l’enfant. Enfin, les AINS (Advilmed et Nurofenpro), disponibles sans ordonnance pour le nourrisson dès trois mois et souvent utilisés dans la douleur ou la fièvre (voir ci-dessus) sont contre-indiqués en cas de déshydratation. Ces médicaments courants peuvent favoriser la survenue d’insuffisance rénale chez l’enfant déshydraté.

Contre le reflux oesophagique du nourrisson

Courant mais néanmoins pénible quand il s’accompagne de pleurs fréquents et d’inconfort chez l’enfant, le reflux du nourrisson est la plupart du temps absolument bénin. Environ 30 % des nourrissons de moins d’un an régurgitent. Pourtant il ne s’agit pas systématiquement d’un reflux gastro-œsophagien (RGO) pathologique.

  • La conduite à suivre :Les vraies inflammations de l’œsophage (œsophagites) sont très rares chez l’enfant. Si chercher à se rassurer auprès de son pédiatre est normal et même conseillé, des mesures hygiéno-diététiques (comme le fractionnement des repas chez les gros mangeurs) sont en général suffisantes.
  • A éviter : les médicaments à base de dompéridone (Motilium, Peridys, Oroperidys et leurs génériques) qui étaient très prescrits pour les « bébés RGO » il y a une dizaine d’années ont été responsables d’effets indésirables graves, tels que des problèmes cardiaques et neurologiques rares. Depuis 2016, la Haute autorité de santé (HAS) recommande de ne plus les utiliser chez l’enfant. Toutefois, ces derniers n’ont pas encore tous été retirés du marché (en cours pour le Peridys et l’Oroperidys, mais pas le Motilium).
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