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Où sont les bébés?

Europe : baisse record de la fécondité

La fécondité en Europe serait de plus en plus faible, et ce, depuis les années 60, rapporte une étude menée par l'Institut National d'Etudes Démographiques (Ined) et rendue publique le 11 janvier 2017. Aussi, en 2015, le taux d'infécondité atteint une moyenne de 14 % dans toute l'Europe pour les femmes nées en 1968. Un creux rarement atteint mais qui s'explique par plusieurs facteurs historiques...

Un début de siècle compliqué pour la natalité

La recherche s'est appuyée sur une comparaison des taux d'infécondité des femmes européennes nées entre 1900 et 1972. Conclusion : une femme européenne sur quatre née dans la première décennie du XXe siècle n'a pas eu d'enfant. La cause de ce "retard massif des maternité" ? La Première Guerre Mondiale. Cette période a entraîné de nombreux décès de jeunes hommes en âge de se marier et la crise économique des années 1930 a poussé ceux des pays pauvres à émigrer vers les pays les plus riches.

Le rebond du baby boom 

Pendant les Trente Glorieuses, à partir des années 40, le taux d'infécondité est le plus bas jamais enregistré : seules 10 % des femmes restent sans enfant. La courbe baisse particulièrement dans les pays de l'Est où le régime communiste, engagé dans une politique nataliste, entrave de manière significative l'accès à la contraception des femmes. En revanche, à l'Ouest de l'Europe, la courbe remonte doucement et viendra s'accentuer à partir des années 60.

Diminution notable de la fécondité depuis 1970...

"Une contraception efficace, une arrivée des enfants plus tardive, une instabilité plus grande des unions, le souhait d’avoir avant tout un emploi ,alors qu’ils sont de plus en plus instables et l’incertitude économique croissante"  sont les facteurs retenus par les chercheurs de l'Ined pour expliquer la baisse de fécondité observée depuis les années 70 dans toute l'Europe.

L'Europe du Sud, championne de l'infécondité

Contrairement aux idées reçues, c'est l'Europe du Sud (Espagne, Italie, Grèce) qui atteint le taux d'infécondité le plus fort : jusqu'à une femme sur quatre née dans les années 70 pourrait rester sans enfant. Ces pays cumulent notamment "des difficultés sur le marché de l'emploi" mais aussi "des inégalités de genre encore très marquées qui rendent difficile la conciliation entre travail et famille". Les prédictions des analystes pour les années à venir ? "Alors que l'infécondité s'est stabilisée en Europe de l'Ouest et du Nord, il est probable qu'elle continue de progresser rapidement en Europe du Sud (...) et le taux d'infécondité va sans doute progresser aussi dans les pays du Centre et de l'Est d l'Europe, où, un nouveau modèle de fécondité retardé s'est mis en place depuis les années 1990, après la libéralisation économique et l'affaiblissement des politiques sociales".

La France, championne de la fécondité

La France reste cependant le pays le plus fécond en Europe, avec 2,01 enfants par ménage (chiffres Eurostat 2016). La suivent en haut du podium:  l’Irlande (1,94), la Suède (1,88) et le Royaume-Uni (1,81). La France et la Suède ont mis en place des politiques natalistes qui ont favorisé cette évolution. Mais l'évolution du "non-désir" d'enfant, qui est différent du désir de "moins d'enfant", un phénomène nouveau qui frappe toute l'Europe. Avoir un enfant ne serait plus synomyme d'épanouissement certaines jeunes femmes d'aujourd'hui, qui ne voient plus dans la maternité le "plus beau métier du monde". Et vous qu'en pensez-vous ? Si vous ne souhaitez pas avoir d'enfant ou si au contraire vous souhaitez en avoir, rejoignez-nous sur notre page Facebook pour en parler.

Journaliste spécialisée dans l'univers parental....
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