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Aide à la procréation

AMP : quels traitements intra-conjuguaux pour accompagner votre désir d'enfant?

1. La stimulation ovarienne simple 

Qu'elle soit indiquée seule ou vienne accompagner une insémination artificielle ou une fécondation in vitro, la stimulation ovarienne est le traitement de base que vous serez sûrement amenée à suivre si votre couple est pris en charge dans le cadre d'une AMP.

+ Le principe :

Quand elle est prescrite seule, la stimulation ovarienne permet de réguler ou de stimuler l'ovulation pour permettre au couple d'avoir un enfant sans autre intervention médicale.
Son déroulement dépend du traitement préconisé par le médecin.

Le citrate de clomifène (plus connu sous les noms de Clomid® ou Pergotime®) est le traitement de première intention. La femme est amenée à prendre 1 à 2 comprimés du 2ème au 5ème jour du cycle. Elle est ensuite surveillée, par prises de sang et échographies, pour définir à quel moment elle sera le plus fertile (généralement vers le 14ème jour du cycle). En parallèle, il est conseillé d'avoir une activité sexuelle régulière (2 à 3 fois par semaine) pour augmenter les chances de grossesse.

- Les gonadotrophines (Menopur®,  Fostimon®, Gonal-F®, Puregon®) permettent de forcer l'action d'une hormone du même nom qui agit sur les fonctions ovariennes. Le traitement se présente sous formes d'injections sous-cutanées à réaliser soi-même. Là encore, la patiente est surveillée de près et une fois la réponse des ovaires jugée satisfaisante, l'ovulation est déclenchée par une injection d'HCG (Ovitrelle®). 36 à 48 h plus tard, les ovocytes sont relâchés.

+ Les indications :

La stimulation ovarienne seule est indiquée chez les femmes à l'ovulation défaillante (hors insuffisance ovarienne).

+ Les + et les - :

La stimulation ovarienne simple, notamment dans le cadre d'un traitement au citrate de clomifène, a le mérite d'être peu contraignante et médicalisée. Elle ne s'adresse toutefois qu'aux couples dont l'infertilité est d'origine féminine et peut s'accompagner d'effets secondaires : bouffées de chaleur et troubles visuels (pour le clomifène®), ventre douloureux, etc. Dans quelques cas heureusement rares, un syndrome d'hyperstimulation ovarienne (HSO) peut être diagnostiqué. Ses signes : des douleurs ou sensations de pesanteur au ventre, des vomissements, diarrhées et parfois des palpitations ou des difficultés à respirer.

La stimulation ovarienne en quelques chiffres :

- 80 à 90 % des femmes ayant recours à ce traitement retrouve une ovulation. Elles ont alors autant de chance de tomber enceinte que les autres femmes à chaque cycle, à savoir 25 %.
-  5 % des femmes déclarent une HSO modérée, 0,1 % un syndrome sévère.

Le témoignage de Cécile, 32 ans :

"J'ai toujours eu des règles très irrégulières. Après 2 ans "d'essais bébé" infructueux, mon praticien m'a orienté vers un spécialiste de la fertilité qui m'a prescrit un traitement à base de Clomid®. Après 5 cycles d'essais en stimulation seule, je n'étais toujours pas enceinte et nous sommes donc passés aux inséminations. Même si cela n'a pas été facile, je n'ai pas vécu ce traitement comme un échec. Au moins, j'avais retrouvé une ovulation !"

2. L'insémination artificielle avec le sperme du conjoint (IAC)

Courante depuis les années 70, l'IAC a depuis bien évolué. Après avoir longtemps privilégié l'insémination intracervicale (le sperme était déposé dans le col de l'utérus), les équipes d'AMP optent aujourd'hui plutôt pour l'insémination intra-utérine... Avec des résultats bien plus probants.

+ Le principe :

L'IAC est la technique d'assistance médicale à la procréation la plus simple : le sperme est déposé dans la cavité utérine. La rencontre entre le sperme et l'ovocyte se fait donc presque naturellement. L'IAC se déroule en deux grandes étapes :

- Etape 1 : la femme bénéficie d'une stimulation ovarienne modérée, afin qu'elle ne développe que 2 ovocytes maximum pendant le cycle. Une fois les follicules arrivés à maturité, l'ovulation est déclenchée.

- Etape 2 : le lendemain du déclenchement, l'homme effectue un recueil de sperme qui est ensuite préparé en laboratoire pour faciliter la fécondation. 2 à 3 heures plus tard, le gynécologue dépose les spermatozoïdes, à l'aide d'un cathéter très fin, dans la cavité utérine.

+ Les indications :

L'insémination artificielle est indiquée :
- chez la femme : en cas d'anomalie du col de l'utérus, quand les glaires ne peuvent pas favoriser l'accueil du sperme (glaires"hostiles"), en cas d'échecs répétés de la stimulation simple ou d'infertilité inexpliquée.
-  quand l'homme rencontre des problèmes d'éjaculation ou du spermogramme (dans les cas modérés), a des anomalies anatomiques ou est sujet à l'impuissance.

+ Les + et les - : 

L'IAC a l'avantage d'être une procédure moins médicalisée que la FIV. S'il y a tout de même un traitement hormonal, il n'y a pas de ponction ovocytaire (et donc pas d'anesthésie).
Les inconvénients sont liés à la stimulation ovarienne avec des risques accrus de grossesse multiple et d'hyperstimulation.

+ L'IAC en quelques chiffres clés : 

L'insémination artificielle c'est :
- 10 % de chances de réussite,
- 20 % de grossesses gémellaires,
- 6 cycles pris en charge par la Sécurité sociale,
- En cas de réussite, la grossesse survient généralement au 4e cycle d'IAC.

Le témoignage de Nathalie, 37 ans :

"Après notre bilan d'infertilité, mon médecin m'a annoncé que ma réserve ovarienne était basse. Comme nous n'avions pas d'autre problème, mais qu'il ne voulait pas multiplier les stimulations, il nous a recommandé une insémination artificielle. Nous avons eu une chance inouïe. Je suis tombée enceinte de notre petite Louise, qui a aujourd'hui 9 mois, après la première tentative !"

3. La Fécondation in vitro

On se souvient souvent d'Amandine, le premier "bébé-éprouvette" né en France en 1982. En réalité, la première naissance des suites d'une FIV a eu lieu dès le 25 juillet 1978 aux Etats-Unis. Aujourd'hui, les fameux bébés-éprouvettes se comptent en millions !

+ Le principe :

La rencontre entre l'ovule et le spermatozoïde est favorisée en laboratoire. La procédure se déroule en 5 temps :
- Etape 1 : la stimulation ovarienne. Plus poussée qu'avec l'IAC, la stimulation vise à permettre à la femme de développer plusieurs ovocytes pour multiplier les chances de la fécondation.
À noter : dans certains cas, si les ovaires ne "réagissent" pas à la stimulation, le médecin pourra préconiser une FIV dite sur cycle naturel (ou FIV sur cycle spontané). Le traitement hormonal indiqué vise alors seulement à limiter les risques d'ovulation spontanée et est donc plus léger. En revanche, comme le corps ne produit qu'un, voire 2 ovocytes, les chances de fécondation sont plus limitées.

- Etape 2 : le recueil des gamètes. 48 heures après le déclenchement de l'ovulation, les ovocytes sont prélevés par voie vaginale, au bloc opératoire. Cette ponction se fait généralement sous anesthésie locale ou générale. Les ovocytes sont ensuite placés en incubateur. Pendant l'intervention, le conjoint réalise, de son côté, le recueil de sperme.

- Etape 3 : La fécondation in vitro. En laboratoire, la rencontre entre le spermatozoïde et l'ovule peut être favorisée de deux manières. Si le spermatozoïde n'a pas besoin de "coup de pouce", on a recours à une FIV classique : les spermatozoïdes et l'ovocyte sont placés dans un liquide et la fécondation se fait seule. Si le spermatozoïde n'est pas en mesure de féconder seul, il est injecté directement dans l'ovocyte. C'est la fameuse FIV ICSI (Intra Cytoplasmic Sperm Injection).  

- Etape 4 : Les ovocytes fécondés et ayant évolué en embryon peuvent être transférés dans l'utérus. Si les professionnels optent de plus en plus souvent pour le transfert d'un seul embryon pour éviter les risques de grossesse gémellaire, cette recommandation peut varier selon les patientes (âge, nombre de tentatives de FIV, etc.). Ce transfert peut se faire à plusieurs stades : au bout de 2 jours (cas classique) ou après 5 jours de culture. On parle alors de transfert de blastocyste, qui dans certains cas, favoriserait l'issue positive de la grossesse. Depuis peu, on utilise également la technique de vitrification des embryons pour réaliser le transfert à un cycle ultérieur. L'objectif : favoriser les chances de grossesse en réalisant le transfert quand l'endomètre est "reposé". Concrètement, lors du transfert, le praticien dépose l'embryon choisi au fond de l'utérus à l'aide d'un cathéter souple.

- Etape 5 : un test de grossesse par prise de sang est réalisé 10 jours après le transfert, puis confirmé après quelques semaines, par échographie.

+ Les indications :

Le choix de la FIV et de la technique utilisée est décidé, au cas par cas, en fonction du bilan d'infertilité préalablement réalisé. Si votre médecin adapte évidemment le protocole à votre situation, quelques grandes indications de la FIV peuvent être mises en avant :

Pour la FIV "classique" : les anomalies des trompes, les troubles de l'ovulation associés à des anomalies de la glaire cervicale (si les traitements médicaux préalables n'ont pas été un succès) et certaines infertilités masculines.

- La FIV ICSI vient avant tout répondre à un problème d'infertilité masculine et notamment les hypofertilités sévères (quand le nombre, la mobilité ou la forme des spermatozoïdes ne leur permettent pas d'être fécondant) ou encore les azoospermies (quand il n'y a pas de spermatozoïdes dans l'éjaculat).

+ Les + et les - :

La FIV a l'avantage d'être la technique d'assistance à la procréation la plus efficace. Mais comme tous les traitements d'AMP impliquant une stimulation, la FIV comporte des risques d'hyperstimulation ovarienne. Plus fréquemment, elle donne lieu, en cours de traitement, à des désagréments comparables à des douleurs de règles (ventre gonflé, douleurs aux ovaires).

+ La FIV en quelques chiffres : 

La fécondation in vitro, c'est :
- 30 % de chance d'être enceinte,
- 1 chance sur 4 d'avoir une grossesse gémellaire si deux embryons ont été transférés,
- 4 tentatives de FIV par enfant prise en charge par la Sécurité Sociale.

Le témoignage de Zineb, 35 ans :

"Après avoir fait tous les tests possibles et imaginables pendant plus de deux ans, les médecins nous ont diagnostiqués une infertilité idiopathique (d'origine inconnue). Comme j'avais une trompe bouchée et que mon compagnon prenait un traitement médical au long cours, l'équipe a suggéré une double FIV (à la fois normale et ICSI). Cinq jours après la ponction, le médecin a réalisé un transfert de blastocyste. C'est finalement cet embryon ICSI qui nous a permis d'accueillir notre petit garçon. Mais pour nous, peu importe la technique. L'essentiel est que Camille soit là".

Le saviez-vous ?

Il existe désormais une technique permettant, dans le cadre d'une FIV ICSI, d'observer les spermatozoïdes grâce à un grossissement de l'ordre de 5 000 à 10 000 fois. L'objectif de cette FIV dite IMSI : faire une présélection plus drastique des spermatozoïdes. Si l'IMSI n'est pas pratiquée dans tous les centres d'AMP, elle permettrait toutefois d'améliorer les chances de fécondation en cas de sperme de très mauvaise qualité.

Journaliste spécialiste du parenting, de la beauté, du bien-être. Auteure de Mon cahier Ma grossesse et moi, Mon cahier Forme et minceur après bébé, 100 conseils essentiels : la grossesse et Petit...
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