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États généraux de la bioéthique

PMA et GPA s'invitent dans le débat

Photo : Pixabay

Les États généraux de la bioéthique

L’idée des Etats généraux, est d’ouvrir le débat le plus largement possible. La loi de 2011 les impose. Son rapporteur, le parlementaire Jean Leonetti le répète « Il faut populariser ces questions, qui ne doivent pas être réservées aux politiques et aux experts ».

C’est pourquoi, du 18 janvier au 7 juillet, PMA, fin de vie, médecine prédictive… seront débattus à l’initiative des espaces éthiques régionaux, émanations régionales du Comité Consultatif National d’Ethique (CCNE).

L’Ile-de-France, la Bretagne, les Pays de la Loire, la Nouvelle-Aquitaine, la Normandie, Provence-Alpes-Côte d’Azur-Corse ont choisi de plancher sur la PMA. La fin de vie sera discutée en Bourgogne-Franche-Comté, Nouvelle-Aquitaine, Auvergne-Rhône-Alpes, Ile-de-France, notamment. Egalement, 350 auditions (associations, sociétés médicales savantes, représentants des religions…) sont prévues au CCNE.

Le CCNE fournira une synthèse des débats et un avis à l’Office parlementaire des choix scientifiques et technologiques. D’autres contributions sont sollicitées (académies, Agence de la biomédecine, Conseil d’Etat) pour éclairer l’exécutif et le parlement.

Le journal La Croix a commandé un sondage à l’Ifop avant l’ouverture de ces Etats généraux : 60 % des personnes interrogées se déclarent favorables à l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes et aux femmes seules, avec le maintien de la gratuité et de l’anonymat des dons d’ovocytes et de spermatozoïdes. 64 % du panel accepterait le recours aux mères porteuses, 89 % à une légalisation de l’euthanasie et/ou du suicide assisté, 80 % à la modification génétique des embryons pour guérir les maladies les plus graves.
Il sera intéressant de mesurer l’évolution de ces perceptions à l’issue des états généraux.

La GPA sera-t-elle aussi présente dans les réflexions du Comité ?

Si la GPA ne figure pas en tête de liste des thèmes annoncés, elle pourrait également s’inviter dans les débats. Elle fait officiellement partie des techniques de procréation médicalement assistée, puisqu’elle permet à des couples qui ne peuvent pas avoir d’enfant, d’avoir une descendance grâce à l’implantation d’un embryon dans l’utérus d’une mère porteuse. Un collectif de 110 signataires, dont les intellectuels Pierre Rosanvallon et Élisabeth Badinter, vient de réclamer un « débat de fond » pour une GPA « éthique », dans une tribune publiée par Le Monde. L’opposition à la GPA reste cependant très forte en France, à tel point que le gouvernement a exclu toute évolution législative sur le sujet, pour le moment.

> Lire aussi notre article : PMA accéder à ses origines biologiques sera-t-il bientôt autorisé ?

, Docteur en pharmacie
Docteur en pharmacie, Sylvie Roy a exercé en officine. A la suite d'une formation juridique complémentaire, elle a travaillé à la Direction Générale de la Santé, dans la sous-direction...
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