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Tribune des 340 médecins

Le projet de « PMA pour toutes » ne fait pas l’unanimité au sein du corps médical

Une politisation du Conseil national de l'Ordre des médecins ?

En France, la PMA (Procréation Médicalement Assistée) est autorisée seulement pour les couples hétérosexuels qui ne peuvent pas avoir d'enfants pour diverses raisons (infertilité, MST, ...). Le gouvernement d'Emmanuel Macron s'est montré favorable à l'extension de ce dispositif médical pour les femmes seules et les couples lesbiens, et a interrogé le Conseil national de l'Ordre des médecins à ce sujet. Le docteur Jean-Marie Faroudja, un des représentants de ce Conseil, a déclaré qu'il n'était pas opposé à cette extension. En réaction, 340 praticiens se sont quant à eux montrés défavorables à cette décision prise en leur nom, au sein d'une tribune publiée dans le quotidien Le Figaro déclarant ce projet comme allant à l'encontre de leur métier. Les praticiens opposants accusent  l'Ordre des médecins de se « politiser », alors que le docteur Jean-Marie Faroudja a considéré que l'Ordre ne pouvait s'opposer à une demande sociétale. Toute la question se situe à ce point précis : s'agit-il d'une décision médicale ou sociétale ? 

Une justification à la limite du machisme

Les 340 médecins qui se désolidarisent de la prise de position du  docteur Jean-Marie Faroudja considèrent  ce projet  de « PMA pour toutes » comme contraire au serment d'Hippocrate. Certains praticiens vont plus loin dans leurs arguments, expliquant que ce dispositif médical ne doit être utilisé que sur des personne dont la santé ne permet pas la procréation de manière « naturelle ». D'autres invoquent le « devoir du père », ne pouvant imaginer la procréation sans hommes. 

Mettre de côté les idéologies

Les praticiens signataires de la tribune vont jusqu'à invoquer « l’intérêt supérieur de l’enfant ». En face d'eux, les tenants de la « PMA pour toutes » réclament quant à eux un « droit à l'enfant ». Selon eux les femmes devraient être libres de disposer de leur corps comme elles le souhaitent, sans se soumettre au désir des hommes. Deux points de vue manifestement opposés qui montrent que l'extension des règles de la PMA est loin d'être acquise. Et que certains membres du corps médical ont d'ores et déjà choisi d'exprimer leur opposition au projet.

Rédactrice web et assistante de communication pour les éditions Horay...
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