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Témoignage de maman

«Ma vie a complètement changé depuis que j'ai eu mes jumelles»

Fotolia : Jumeaux

La vie nous réserve parfois de jolies surprises. Certains mystères nous échappent. C'est le cas des jumeaux. Dizygotes ou monozygotes, ces deux êtres se développent simultanément dans le ventre de leur mère, puis grandissent et se développent ensemble. Le lien fusionnel qui les unit dès la vie intra-utérine puis extra-utérine est unique. Mais pour les parents, est-ce si facile d'accepter d'avoir deux enfants en une seule fois ? Bouleversement des plans préalablement conçus, désordre émotionnel et physique... attendre des jumeaux n'est pas toujours simple. Pourtant, pour certains parents, l'annonce d'une grossesse gémellaire a été une réelle bénédiction. Pour Livia, apprendre qu'elle serait maman de deux petites filles a été l'un des plus beaux jours de sa vie. Anaé et Alix, aujourd'hui âgées de 21 mois, ont complétement comblé de bonheur sa vie. Mais comment a-t-elle vécu sa grossesse ? Livia a-t-elle souffert lors de son accouchement ? Comment se passe aujourd'hui son quotidien ? Elle nous raconte.

« Vous attendez des jumelles ! » résonne encore dans ma tête

À 24 ans j'étais déjà prête à devenir mère, à construire ma petite famille. Tout est allé très vite. Lorsque j'ai su que j'étais enceinte, ce fut pour moi un déferlement de sensations. Joie, excitation, angoisse... Tout se mélangeait en moi. Lorsque nous avons ensuite appris que nous n'en aurions pas un, mais deux, mon rêve de petite fille s'est réalisé. J'allais devenir maman de deux bébés. Bien que surpris au départ, nous avons rapidement compris la chance que nous avions. Bien sûr, de nombreuses questions m'ont traversé l'esprit : « Vais-je y arriver ? », « Comment sera ma vie après leur naissance ? », « Quelle organisation mettre en place à la maison ? », mais l'excitation et la joie m'envahissaient, je n'avais pas peur. Je me sentais tout simplement bien et épanouie. Nos préoccupations sont vites devenues moindres. Elles ont rapidement bifurqué sur le choix des prénoms, les congés parentaux, la recherche d'une nounou...

Nos proches ont été très surpris à l'annonce de la grossesse

Rien de bien étonnant me direz-vous d'être surpris à l'annonce d'une grossesse gémellaire... Mais nos proches nous ont félicités et étaient ravis pour nous. Notre comportement positif et optimiste en a rassuré plus d'un. Pour rire, nous leur avons dit que nous souhaitions rattraper notre retard par rapport à nos amis, qui pour la plupart, avaient déjà au moins un enfant.

J'ai été très chanceuse, j'ai vécu une « grossesse royale »

Mon début de grossesse s'est extrêmement bien passé. J'ai eu la chance de vivre une grossesse quasiment parfaite. Je n'ai pas subi les premiers signes de grossesse. Aucune nausée, pas de fatigue, j'étais radieuse et en forme. Pour vous dire, mon gynécologue était persuadé que j'irais jusqu'à la fin de ma grossesse... Vu mon état et ma grande forme, je me suis également persuadée que je pouvais, que j'irais jusqu'à terme. La grossesse me réussissait et cela se voyait.

Le jour où ma poche des eaux s'est rompue...

Le mardi 30 juin 2015 au soir, la chaleur de la journée était encore palpable. Le soleil était au rendez-vous, entraînant avec lui les orages de chaleur. Pendant la nuit du 1er juillet, des éclairs ont éclaté. J'ai tellement eu peur que ... ma poche des eaux s'est rompue. À cet instant précis, tout s'est effondré autour de moi. Je n'étais qu'à 35 semaines et je voulais absolument aller jusqu'au bout de ma grossesse. C'était inconcevable pour moi d'accoucher. Je devais, le lendemain, fixer le rendez-vous pour ma césarienne parce que l'une de mes filles était en siège, et réaliser ma prise de sang pour la péridurale. En larmes sous la douche, j'ai réalisé alors que le grand moment tant attendu était arrivé : j'allais rencontrer mes filles. Je ne pouvais cependant m'empêcher d'être légèrement anxieuse, parce que cet accouchement était soudain et non finalisé. Mais, j'étais prête, j'avais besoin de les sentir près de moi. Arrivée à la maternité, j'ai immédiatement demandé à ce qu'on me fasse cette prise de sang pour la péridurale. Le travail a ensuite pu commencer. Je n'ai eu ni contraction, ni douleur. 8h13 ma première fille poussait déjà son premier cri. 8h14, la seconde la suivait. En l'espace de quelques secondes, je suis devenue maman d'Anaé et Alix.

Je n'avais qu'un souhait : les voir !

Une fois la césarienne faite, il a fallu me recoudre. Je n'ai donc pas eu mes filles immédiatement près de moi. Il m'a fallu attendre en salle de réveil, le temps que la rachianesthésie s'estompe de mon corps. Une heure et demie plus tard,  j'ai enfin pu rencontrer mes filles. Dans ma chambre, seule avec mon mari et mes filles, j'ai pratiqué le peau à peau. Chacune d'un côté, elles étaient confortablement installées. J'en garde encore aujourd'hui un merveilleux souvenir, toujours aussi intact dans ma tête. Ce sont des moments gravés dans ma mémoire, pour toujours.

Une nouvelle vie après l'accouchement : repas, bain, dodo...

- L'allaitement de mes filles n'a duré qu'un mois et demi

Les premières tétées sont des moments très intenses pour des parents de jumeaux. Pour ma part, je désirais vraiment me sentir proche de mes filles. Je les ai donc allaitées.  Mon compagnon me les installait confortablement sur ma poitrine puis elles faisaient le travail toutes seules, comme des grandes. C'était un moment de pur bonheur. Mais un mois et demi après l'accouchement, la fatigue m'a rapidement submergée et une infection à ma cicatrice de césarienne m'a contrainte d'arrêter l'allaitement. J'étais sous antibiotiques, je ne pouvais donc plus continuer. Je garde en mémoire ces précieux moments.

- J'ai passé une première nuit horrible

La première nuit à particulièrement été difficile. Nous souhaitions ne pas les faire dormir ensemble, dans le même lit. Elles avaient chacune leur lit. Mais nous avons passé une première nuit horrible. Nous avons donc décidé de les faire dormir dans le même lit pendant quelque temps puis les séparer progressivement.

- Crèche ou nounou ?

La première année, mon conjoint et moi avions confié nos filles à une nounou. Nous avons ensuite déménagé. Nous nous sommes posés la question suivante : nounou ou crèche ? Pas facile de se décider.. On a finalement opté pour la crèche et nous ne regrettons pas notre choix. Nos filles peuvent :

  • rencontrer d'autres enfants.
  • ne pas être constamment ensemble.
  • avoir chacune à la possibilité d'évoluer à leur rythme.
  • choisir leurs activités.

La crèche leur a permis de se développer chacune de leur côté et de façonner leur caractère.

- Une bouchée, chacune leur tour.. 

Les repas demandent une petite organisation. Pour les petits pots par exemple, mon conjoint et moi en avons chacun une. En revanche seule, je dois être plus rapide. Le temps que la première finisse sa bouchée, je dois nourrir la deuxième. Il faut savoir être rapide et jongler facilement d'une bouche à l'autre. Avec le temps, mes filles ont appris à être patientes... 

- Notre éducation prône la motricité libre

Au sein de notre maison, nous privilégions une certaine forme d'éducation : la motricité libre. Alix et Anaé grimpent, sautent, gambadent, escaladent comme elles le souhaitent. Cette technique leur permet d'éveiller leurs sens et de se débrouiller seules. Elles sont capables, par exemple, de monter sur leur chaise haute, sans aucune aide.

- Le grain de beauté qui fait la différence

Nos deux filles sont identiques. D'ailleurs, ils nous arrivent parfois de les confondre lorsqu'elles sont dans le bain tellement leur similitude est surprenante. Mais heureusement que l'une d'elle a un grain de beauté sous l'orteil, ce qui nous permet de les différencier en cas de doute.

Je signe encore pour deux !

Être maman de jumelles a sûrement été l'une des plus belles aventures de ma vie. Si je devais, à nouveau, avoir des enfants, je signerais une nouvelle fois pour deux. Malgré les remarques bienveillantes mais aussi parfois déplacées, venues de part et d'autres, avoir des jumeaux n'est pas si difficile. Il faut savoir relativiser et considérer que deux enfants au lieu d'un, c'est une chance qu'il faut saisir. Être parent de jumeaux signifie une vie pleine de rebondissements, multipliées par deux.

Rédactrice, passionnée par le parenting et spécialisée en publication numérique....
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