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C'est le printemps!

Pollens : comment protéger son enfant contre les allergies?

Fotolia : Enfant, Printemps

Les différentes allergies : comment les diférencier ?

On distingue plusieurs types d'allergies :

  • les allergies alimentaires (au lait à l’œuf ou à l’arachide par exemple)
  • les allergies aux médicaments, (aux pénicillines par  exemple)
  • des allergies aux piqûres d’insectes (les piqures d’abeille par exemple). Ce sont des allergies extrêmement dangereuses.
  • Les allergies aux pollens (de la famille des allergies aux protéines de l’environnement au même titre que l’allergie au chat)
  • les allergies aux acariens ou aux moisissures.

Allergies au Printemps ou allergies aux pollens ?

Mieux que le terme d’allergie du printemps on préfère la dénomination d’allergie aux pollens. Les allergies aux pollens sont une toute petite partie du grand groupe des réactions allergiques. L’allergie est une réaction particulière de l’organisme à des protéines d’origine étrangère (l’allergène) qui se caractérise par son caractère très sensible (la réaction se déclenche pour de toutes petites doses) et par une réaction qui à chaque contact se révèle de plus en plus importante.

La pollinisation : la cause de tous vos maux

A une période assez fixe de l’année certains végétaux vont entrer en période de reproduction : c’est la pollinisation. Il s’agit en fait du transfert des gamètes mâles depuis l'organe mâle, jusqu'à l'organe femelle. Ce transport est effectué principalement par le vent et les insectes (les abeilles et les papillons dans les plantes à fleurs), mais aussi par l’eau, les souris ou les oiseaux comme le colibri. Dans le cas des pollens des arbres par exemple, la grande majorité des pollens est transportée par le vent. Notre atmosphère est également chargée, à certaines périodes de l’année, de plusieurs centaines de grains de pollens par m3.

L'allergie au pollen apparaît le plus souvent chez l'enfant de plus de deux ans

Le processus allergique est un procédé progressif et un contact répété. Un allergène est nécessaire pour déclencher des symptômes d’allergie. Les nourrissons sont principalement allergiques aux aliments (lait, œuf, poisson par exemple) alors que l’allergie au pollen apparait lui le plus souvent après deux ans.

Les réactions aux pollens

- Le processus de contamination

Les pollens vont entrer dans le nez à chaque respiration et si les protéines contenues par le grain sont reconnues par l’organisme comme étrangères, une réaction allergique va se déclencher. Si le grain de pollen est de petite taille, il pourra pénétrer plus profondément dans les voies respiratoires et les réactions seront d’autant plus importantes. De même en cas d’épisode de pollution, les grains de pollens sont modifiés par les polluants et deviennent plus allergisants et surtout la muqueuse est irritée par les polluants et la réaction allergique est plus grande.

- Les symptômes

Le pollen des arbres porté par le vent va toucher préférentiellement :

  • le nez, provoquant un écoulement nasal clair et persistant
  • la tête : certaines personnes peuvent avoir de la fièvre
  • la peau, puisque une sensation de grattage persistante peut survenir
  • les yeux : une inflammation des conjonctives, avec une sensation de sable dans les yeux
  • les bronches qui seront prises, entraînant des crises d’asthme.

L’allergie est spécifique d’un pollen ou de plusieurs pollens. Cela signifie que les symptômes n’apparaissent que lorsque l’arbre allergisant est dans sa période de pollinisation. Ces signes apparaissent de façon très nette à un moment précis de l’année pour disparaître un peu plus tard. Ils sont encore aggravés lors des belles journées passées au dehors et diminuent les jours de pluie (car les pollens sont plaqués au sol par celle –ci).

- Des allergies selon les régions

Selon les régions, les arbres et le type de pollens, la pollinisation varie et crée des symptômes différents chez les enfants. Par exemple, l’allergie au pollen de bouleau est une des principales allergies aux pollens d’arbre dans la région parisienne avec un début de pollinisation en mars. Cette allergie est pratiquement absente dans le sud de la France.
A l'inverse, on observe une allergie au pollen de Cyprès dans le Sud dès le mois de février, inconnue en région parisienne.
Des sites internet comme celui du Réseau National de Surveillance Aérobiologique, relèvent au jour le jour et région par région les pollens présents et les risques d’allergies associés. Vous pouvez vous y référer si votre enfant est allergique.

- Une accumulation d'allergies

On évoque la possibilité d’une allergie au pollen lorsqu’il existe déjà des signes d’allergie. Elles peuvent être alimentaires ou si l’enfant souffre déjà d’une autre pathologie qui fait partie du même groupe de maladie, comme notamment l’eczéma et l’asthme. On pense aussi plus facilement à une allergie au pollen lorsque d’autres membres de la famille sont déjà allergiques. C’est un terrain souvent d’origine familiale.

- Les tests cutanés pour connaître si vous êtes allergique

Pour confirmer cette hypothèse il est possible de faire des tests cutanés :

1. Posez une goutte d’un extrait de pollen sur l’avant bras et faites le pénétrer à travers la peau à l’aide d’une petite pointe très fine.

2. Après vingt minutes, regardez si la peau a réagi en faisant une petite papule (un petit gonflement comme dans les piqures d’ortie)

3. Mesurez la taille de cette réaction. Plus la réaction est importante plus le risque d’allergie est important. Il est aussi possible de faire une prise de sang pour rechercher une réaction particulière du système immunitaire à un type de pollen particulier par le dosage des IgE spécifiques.

Comment éviter l'apparition d'une allergie ?

- Pour le nourrisson

Il n’y a aujourd’hui aucun élément déterminant permettant de donner des conseils pour éviter l’apparition de cette sensibilité particulière. Des recherches sont menées en vue de trouver une solution. L’allaitement maternel, les modifications de différents éléments du régime des nourrissons (avec l’ajout de probiotiques par exemple) n’ont pas donné de résultats suffisamment probants. Faire un diagnostic précis pour savoir quel pollen est à l’origine d'une l’allergie (grâce à une consultation auprès d’un allergologue) permettra d’en diminuer les effets.

- Précautions à prendre lors d'une sortie à l'extérieur

L'idéal est d'éviter de s’exposer d’abord aux périodes de l’année particulièrement chargées en pollen. Voici les précautions à prendre si vous envisagez une promenade en forêt par exemple :

  • regarder sur Internet les périodes à risques. Le site pollens.fr répertorie les zones à riques en France
  • prendre un médicament diminuant les réactions allergiques (un anti-histaminique)

- Quid de la désensibilisation ?

Il est conseillé de mettre en place une désensibilisation par voie orale de l’allergène du pollen incriminé. C’est une technique bien tolérée, mais un peu longue (minimum trois ans), contraignante (les gouttes doivent être données tous les jours à distance d’un repas et gardées deux minutes sous la langue) et aux résultats non garantis…C’est malgré tout le seul moyen de faire un jour disparaître définitivement une allergie au pollen. Elle peut être aujourd’hui proposée dès l’âge de cinq ans.

Tableau de comparaison de différents végétaux selon leur potentiel allergisant

Tableau des différents végétaux
Tableau des différents végétaux

* plusieurs espèces

** le pollen de platane est faiblement allergisant. En revanche, les micro-aiguilles contenues dans les bourres provenant de la dégradation des capitules femelles de l'année précédente sont très irritantes.

Source : Réseau National de Surveillance Aerobiologique

Pour plus d'informations sur le sujet, n'hésitez pas à poser une question gratuitement à notre pédiatre, Éric Osika.

, Pédiatre
Eric Osika est pédiatre avec une activité libérale et une activité de pédiatre attaché dans le service de pédiatrie de l'hôpital Saint-Camille à Bry-sur-Marne. Ancien rédacteur en chef de la revue...
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