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Réponse d'expert

Comment faire face au stress de l'après-naissance?

Réponse d'expert
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Olivia Phélip est coach professionnelle certifiée. Elle accompagne notamment les pères et les mères dans leur chemin de parentalité. Elle est aussi directrice éditoriale chez Horay....

Bonjour Agnès. Il y a plusieurs aspects dans votre question. Vous parlez de frustration, de désir d’exister en dehors de votre bébé. C’est une réaction très compréhensible. Vous parlez aussi de sentiment de « noyade » qui est lié à la répartition du temps et à l’organisation et de "stress", qui sous-entend la montée d'une souffrance.

La naissance d’un bébé bouscule les habitudes

Tout d’abord, il est important d’accepter l’idée que l’arrivée d’un bébé bouscule toutes les habitudes. Celui-ci prend soudain une place centrale dans votre vie et vous ne savez plus où est la vôtre. Il est donc parfaitement normal de se sentir débordée, surtout pendant les premiers mois, qui sont les plus prenants. Alors que faire pour que votre bébé reçoive toute l’attention nécessaire et que vous puissiez souffler un peu ?

Visualiser un objectif

En auto-coaching, il est intéressant de se poser la question de son objectif. Est-ce que c’est du temps pour vous dont vous avez besoin ? Pourquoi ? A quelle fréquence ? Sans dénier la place de votre bébé, vous pouvez vous demander ce qui est important pour vous. Et ce qui l’est moins. Car évidemment avoir un bébé vous amène à renoncer à certaines choses. Certaines, mais pas toutes. Chaque maman a sa propre perception de ce qui est important pour elle. Pour l’une, ce sera de pouvoir aller à son club de gym, pour l’autre de prendre un verre avec ses amis, d'aller au cinéma avec son compagnon, ou encore de se rendre chez le coiffeur… Car parfois, c’est avec peu de choses, qu’on retrouve un sentiment de liberté. Imaginons que vous choisissiez d'aller à la gym, une fois par semaine, ou alors peut-être pour commencer une fois toutes les deux semaines. Voilà un objectif mesurable et précis. Que vous pourriez atteindre en vous organisant.

Penser aux moyens

Dégager quelques heures pour vous, rien que pour vous, est envisageable si vous pensez à l’organisation qui va avec. Qui pourrait dans votre entourage garder votre bébé ? Un membre de votre famille ? Une baby-sitter ? Pourriez-vous partager les frais de cette baby-sitter avec une de vos amies qui irait avec vous à la gym au même moment par exemple ?  Ce sont ces aménagements concrets qui vous permettront d'agir et de ne plus ressentir ce sentiment de "noyade".

Se projeter dans l’avenir

Dans votre question, il y a aussi une représentation de la situation comme un fait figé et immuable. Il y a un avant et un après-bébé. Mais en réalité, l’après-bébé va évoluer. Vous allez un jour arrêter de l’allaiter, il ira à la garderie, et même un jour à l’école... Si vous visualisez la situation comme un mouvement, vous ressentirez votre frustration comme provisoire et vous en vivrez mieux les contraintes du moment. Chaque étape requiert certains aménagements, mais aucune n'est immuable. 

Le stress, mais quel stress ?

Venons-en au « stress ». Que mettez-vous derrière ce mot ? De l’inquiétude ? La peur de ne pas être à la hauteur ? Mais quelle hauteur ? Peut-être que vous pouvez aussi baisser vos standards sur certains plans pour regagner du temps. Oser en parler à vos proches pour partager vos inquiétudes pourrait contribuer à diminuer ce sentiment de "charge". Et si ce sentiment devenait grandissant, n’hésitez pas à consulter pour vous faire aider. Car un sentiment de stress grandissant peut nécessiter un accompagnement.

L’harmonie de la juste place

Quoiqu’il en soit, votre ressenti est non seulement compréhensible, mais presque souhaitable. Il est sain qu’une mère existe aussi en dehors de son enfant. C’est l’inverse qui serait inquiétant. Toute la question est d’arriver à trouver les moyens pour que chacun trouve sa place dans votre nouvel "écosystème": le bébé, la mère, le père, les grands-parents, etc. L’harmonie se mettra en place quand chacun aura l’impression d’avoir trouvé la sienne. Et tout le monde sait bien que ce n’est pas toujours simple. Mais à l’inverse, pourriez-vous désormais imaginer la vie sans votre bébé ?

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