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Réponse d'expert

Puis-je emmener mon bébé de 4 mois en Birmanie?

Réponse d'expert
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Docteur en pharmacie, Sylvie Roy a exercé en officine. A la suite d'une formation juridique complémentaire, elle a travaillé à la Direction Générale de la Santé, dans la sous-direction...

Bonjour Nathalie. Votre bébé est un jeune nourrisson.  Un voyage en zone tropicale dans des conditions précaires est déconseillé car il est trop petit pour être protégé par certaines vaccinations et pour la prophylaxie antipaludique, entre autres. Si vous ne pouvez pas confier votre enfant à un proche et ne pouvez pas différer votre voyage, pensez à souscrire un contrat d'assistance internationale avant de partir. Voici les précautions à observer avant de partir et sur place.
 

Les vaccins

Avant votre départ, consultez le pédiatre ou le médecin traitant pour faire le point concernant votre bébé et son calendrier vaccinal. A quatre mois, il est trop jeune pour être vacciné contre les maladies tropicales. Ces injections ne se pratiquent qu'à partir de six mois, voire un an.

Le paludisme

L'agent du paludisme (Plasmodium) présent en Birmanie est multirésistant aux antipaludiques. Il se trouve à l'état endémique dans les zones forestières ainsi que dans les zones côtières de l’Etat de Rahkine. Il n'y a pas de paludisme en zone touristique et l'organisation mondiale de la santé (OMS) ne recommande plus le traitement préventif si l'on s'y cantonne.

Il est vivement déconseillé d’emmener de jeunes enfants en zone impaludée en raison de risque accru d’accès grave. En dessous de trois ans, en Birmanie, le seul antipaludéen disponible est l'association Atovaquone/Proguanil (62,5 mg/25 mg), à raison d'un comprimé par jour à la même heure si l'enfant pèse entre 11 et 20 kg. En dessous de 11 kg, il faut écraser et fractionner le comprimé. La prophylaxie débute la veille du séjour en zone impaludée et continue 7 jours après le retour.

Lutte contre les moustiques

Les moustiques ne véhiculent pas seulement le paludisme mais la dengue, le chikungunya, le zika, l'encéphalite japonaise. Il faudra donc protéger le berceau de votre bébé avec une moustiquaire imprégnée d'insecticide. Attention à ce qu'il ne joue pas avec, ne la suce pas et ne s'étouffe pas avec.

Si vous souhaitez le promener sans sa moustiquaire, certains répulsifs peuvent être utilisés sur ses vêtements, même si leur innocuité n'a pas été établie en-dessous de l'âge de deux ans. La liste des produits utilisables figure sur le site de l'Institut Pasteur. Ne jamais en mettre sur les mains de votre bébé.

Hygiène anti-diarrhées

C'est plus simple si vous allaitez encore. Sinon, il faut stériliser les biberons, les faire à l'eau minérale capsulée ou à l'eau filtrée bouillie et respecter une hygiène manuelle irréprochable. 
Si malgré tout, la diarrhée survient, mettre en place le protocole envisagé avant votre départ avec votre médecin (sachets de réhydratation, régime antidiarrhéique)

Autres précautions

  •        Fièvre : consulter dès que possible
  •        N'exposez pas votre bébé au soleil, protégez le avec des habits couvrants ou une combinaison anti-uv, un bob et de la crème solaire indice 50. Ne le laissez pas sans protection sous un parasol.
  •        Attention aux coups de chaleur. Lors d'excursions, proposez à l'enfant des biberons d'eau ou de solution de réhydratation.
  •        Ne le posez pas directement sur le sable (parasites) 

Quelle trousse à pharmacie pour bébé ?

Une liste précise sera à établir avec votre médecin. Les médicaments doivent être emportés dans leur boîte pour éviter tout risque d’erreur.

  •        Un thermomètre, des compresses, une moustiquaire imprégnée, de la crème solaire adaptée, des comprimés pour stériliser les biberons, du répulsif anti-        moustiques convenant à son âge
  •          Des monodoses de désinfectant, de sérum physiologique, de dacryoserum
  •          Des sachets de réhydratation en quantité suffisante
  •          Du paracétamol et de l'ibuprofène en présentation pédiatrique

En cas d'hospitalisation sur place

Dans les pays en voie de développement, les soins médicaux entraînant une injection, une incision ou endoscopie, une transfusion et même un soin dentaire représentent un risque de contamination par les hépatites B et C ou le virus du SIDA. Il faut refuser tout soin sans matériel neuf à usage unique.

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