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Accouchement

Dans quel cas les épisiotomies sont-elles nécessaires (ou pas) ?

Photo : Pixabay

A la différence de la déchirure vaginale occasionnelle consécutive à l’accouchement, l’épisiotomie est volontaire. Certains ont comparé cette pratique à une mutilation. Logiquement, cela fait l’objet de nombreux débats de société, qui ont alimenté ce que certaines ont même qualifié  de "violences obstétricales". 

En pratique, en quoi consiste l’épisiotomie ?

L’épisiotomie correspond à une incision de la vulve au niveau du périnée, pratiquée par l’accoucheur au moment de la sortie de l’enfant. Il y a deux types d’incision : l’épisiotomie médiane (à la base de la vulve en direction de l’anus) et l’épisiotomie médio-latérale (incision de la vulve vers le côté, vers la fesse).

L’épisiotomie est indolore en cas d’accouchement sous péridurale et la douleur est limitée en l’absence d’anesthésie en raison de la diminution de la sensibilité des tissus maternels périnéaux distendus par la tête du bébé.

Pourquoi l’épisiotomie ?

Pendant longtemps on pensait que l’épisiotomie « protégeait » les femmes de séquelles sur la continence anale. L’idée à l'origine du développement de cette technique était d’élargir l’orifice vulvaire de façon contrôlée, afin d’éviter ainsi des déchirures inopinées, en particulier au niveau du sphincter de l’anus qui assure la continence des selles. Cette pratique a été scientifiquement remise en question, car de larges études ont démontré que la pratique de l’épisiotomie ne diminuait finalement pas les déchirures graves du périnée.

Une pratique de l'épisiotomie assez rare aujourd'hui

Tandis que l’épisiotomie était quasi-systématique il y a quelques années, surtout dans le cas d’un premier accouchement, cette pratique est devenue assez rare aujourd’hui. Sur les derniers chiffres connus en 2010, le taux d’épisiotomie a été réduit en 12 ans d’environ un tiers chez les patientes qui accouchaient pour la première fois (44% en 2010 ont eu une épisiotomie) et de près de deux tiers chez les patientes qui avaient déjà accouché (14 % en 2010 ont eu une épisiotomie). Nous sommes en attente des derniers chiffres de 2016, mais il y a fort à parier que les taux sont actuellement encore plus bas.

Reste-t-il des indications à l’épisiotomie ?

Dans certains cas cependant, une épisiotomie peut s’avérer nécessaire, lorsque le périnée est particulièrement tendu et que les tissus maternels apparaissent fragiles, ce que l’on ne peut voir qu’au dernier moment, au moment même de la sortie du bébé. Certaines situations font également envisager la réalisation d’une épisiotomie, telles qu’une extraction instrumentale ou un bébé de gros poids. Finalement, l’épisiotomie n’est plus systématique, et de moins en moins fréquente (actuellement moins de 10%) et se décide au cas par cas. Il est important d'en parler avec votre gynécologue-accoucheur pendant votre suivi de grossesse.

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