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Grossesse

Les précautions à prendre pour éviter un accouchement prématuré

Photo Pixabay

Quelle est la durée d'une grossesse?

La durée de la grossesse est variable, comme toute grandeur biologique. Sa durée moyenne est de 280 jours, à partir du premier jour de la date des dernières règles (avec plus ou moins 10 jours). Ainsi, on considère qu’un accouchement est à terme lorsque qu’il se produit après 270 et 290 jours. La durée de la grossesse s’exprime habituellement en semaines d’aménorrhées ou SA (c’est à dire à partir du premier jour de la date des dernières règles) dans le langage médical et en mois dans le langage courant. La durée de la grossesse varie donc entre 39 SA et 3 jours et 41 SA et 3 jours pour les médecins, soit la fin du 9ème mois pour les autres. Par convention, depuis les recommandations du Collège National des Gynécologues Obstétriciens Français (CNGOF) de 2011, lorsque votre médecin vous dit que le terme est prévu pour telle date, il veut dire qu’à cette date vous serez à 41 SA tout pile. Cela ne veut pas forcément dire que vous accoucherez à cette date. Cette date constitue donc le milieu de l’intervalle de terme et la date de plus grande probabilité de l’accouchement. Comme le risque de l’accouchement est le plus grand entre 37 et 41 SA et 6 jours, il est convenu que le terme n’est dit « dépassé » qu’après 42 SA. A contrario, on parle de prématurité avant 37 SA.

Quels sont les effets de la prématurité ?

Avec les progrès de la médecine, les possibilités de prise en charge du nouveau-né se sont améliorées. En théorie, un bébé peut vivre à partir de 22 SA soit 5 mois de grossesse ou à partir de 500 g.

Un risque de handicap

Cependant, avec la prématurité existe une immaturité importante des systèmes vitaux du bébé. Les poumons, le cerveau et les intestins ne sont pas prêts à fonctionner et leur très grande fragilité, dans les premiers temps de vie, peut entraîner des complications fatales ou de grandes séquelles, mais heureusement, parfois, pas de complications du tout, sauf si la prématurité est trop importante. C'est pourquoi, les médecins français ont toujours été réticents à une prise en charge des nouveau-nés avant 23, voire 24 semaines d’aménorrhée

Différents facteurs :

  • L’âge de la grossesse
  • La réalisation d’un traitement chez la mère permettant d’accélérer un peu la maturation du bébé (la corticothérapie)
  • Le sexe du bébé (les filles sont souvent plus robustes que les garçons)
  • Le contexte de la naissance (est-ce que le bébé grandit bien, est-ce qu’il y a une infection, est-ce qu’il n’y en a qu’un…).

Heureusement, au fur et à mesure qu’on avance dans la grossesse, les risques sont de moins en moins importants, et les bébés de plus en plus autonomes. Aussi les risques sont déjà bien moindres à 28 semaines d’aménorrhée et à partir de 34 semaines, les bébés n’ont le plus souvent pas besoin d’aide pour respirer et peuvent vivre sans réanimation.

Que faire pour éviter une prématurité ?

Les dernières recommandations du CNGOF (2016) :

  • Concernant l’activité professionnelle, il existe une légère augmentation du risque de prématurité chez les patientes travaillant plus de 40 heures par semaine ou ayant des conditions de travail physiquement éprouvantes. Avec un temps de travail hebdomadaire de 35h, il n’est donc pas recommandé de proposer systématiquement un arrêt de travail.
  • Concernant l’activité physique, la pratique d’une activité sportive régulière pendant la grossesse n’augmente pas le risque d’accouchement prématuré et est même recommandée chez les femmes présentant une grossesse normale. Le repos au lit (ne se lever que pour se laver ou aller aux toilettes ou marcher moins d’une à 2 heures hors du lit) n’est pas recommandé de façon générale. Les rapports sexuels pendant la grossesse n’augmentent pas non plus le risque de prématurité.
  • Une alimentation riche en fruits, légumes et céréales complètes pourrait être associée à une réduction de la prématurité spontanée, alors que les supplémentations en vitamine D et oméga-3 n’ont pas d’effet.
  • La consommation tabagique est associée à une augmentation de la prématurité spontanée. Le sevrage tabagique est donc recommandé chez les patientes enceintes, quel que soit le stade de la grossesse.
  • La dépression, l’anxiété et le stress maternel sont significativement associés à la prématurité globale, il est donc intéressant de ne pas les sous-estimer et de les prendre en charge.
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Adrien Gaudineau est Praticien Hospitalier au sein du Pôle de Gynécologie-Obstétrique des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg. Il est plus particulièrement investi dans la prise en charge des...
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