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Accoucher en toute sécurité

Que faire lorsque le fœtus n’a pas encore la tête en bas avant l’accouchement ?

Photo : Pixabay

Dans la majorité des cas, le fœtus met la tête en bas vers la fin de la grossesse. Parfois le fœtus reste positionné les fesses en bas (position du siège) ou en position transversale (allongé sur le col de l’utérus). Cela n'est pas dramatique, il existe plusieurs solutions pour y remédier.

Un petit coup de pouce pour remettre bébé dans le "bon sens"

Plusieurs méthodes sont utilisées pour positionner la tête du fœtus vers le bas :

  • Des méthodes « naturelles » ont été proposées, mais n’ont pas encore été évaluées avec une bonne rigueur scientifique : méthodes posturales, chiropractie, hypnose... Pas sûr que cela marche toujours. L’acupuncture a été un peu plus étudiée et semble aider le bébé à se retourner à l'aide d'une fine aiguille dans le petit orteil, au niveau d’un point très spécifique (d’après la médecine chinoise). Plusieurs séances sont tentées, en général à partir du 6ème ou du 7ème mois.
  • En cas d’échec, on peut toujours recourir à la méthode de référence : la version par manœuvres externes (VME pour les professionnels). La version par manœuvres externes est la méthode la plus étudiée et la plus efficace pour retourner le bébé. Il s’agit, en mettant les mains sur le ventre de la maman, de soulever les fesses du fœtus et d’appuyer sur sa tête pour le mobiliser, ce qui réussit dans à peu près la moitié des cas. Cela se fait aux alentours de 36-37 semaines d’aménorrhée (8 mois), dans un environnement médical adapté permettant de surveiller la bonne tolérance du bébé. Ce geste est évidemment assez impressionnant (on a plutôt l’habitude de protéger son ventre pendant la grossesse que de se laisser appuyer dessus), mais n’est généralement pas douloureux.

Et si, malgré tout, le bébé reste en siège ?

C’est une question qui se pose régulièrement puisque, dans environ 5% des cas, le fœtus reste positionné les fesses en bas. L’accouchement par le siège est un accouchement comme un autre à partir du moment où certaines conditions sont respectées. Comme la partie la plus grosse du bébé, c’est la tête (et pas le ventre), certains médecins craignent d’avoir des difficultés à dégager la tête du bébé une fois que les fesses sont sorties. Cette situation est rare. Cependant, la réalisation d’une césarienne est parfois d’emblée retenue, selon les pratiques de certains médecins.

Envisager un accouchement par le siège, c’est un peu comme s’imaginer en train de conduire une voiture. Quand il y a un feu de signalisation, on s’arrête et on réfléchit bien :

  • Le premier feu de signalisation est positionné vers la fin de la grossesse, quand on évalue si le bébé est suffisamment petit pour traverser mécaniquement les dimensions du bassin. On s’assure que le fœtus a un poids normal (en réalisant une échographie) et que le bassin maternel a des dimensions normales (en demandant une radiographie ou un scanner). Si la confrontation entre l’un et l’autre est compatible avec un accouchement (dans le sens purement mécanique du terme), le feu passe au vert et on avance : un accouchement par les voies naturelles est parfaitement envisageable. Si dès cette étape, le feu est à l’orange ou au rouge, il vaut mieux programmer dès maintenant la césarienne.
  • Le deuxième feu de signalisation se situe au début du travail. Chez certaines patientes, le travail ne se met pas en route et on doit utiliser des moyens divers et variés pour provoquer l’accouchement. Quand le bébé est en siège, on s’abstient d’aller contre la nature. En l’absence de travail spontané, le feu est au rouge et il vaut mieux réaliser une césarienne.
  • Le dernier feu de signalisation est au cours du travail. Si le col s’ouvre de façon harmonieuse et si les fesses du bébé descendent bien dans le bassin, le feu est au vert. L’accouchement peut se faire dans les meilleures conditions. Si le col ne s’ouvre pas correctement, si les fesses restent trop hautes, le feu est à l’orange et on peut alors faire la césarienne même si le travail est bien avancé et même si la dilatation est complète.

Dernière particularité, si l’analgésie péridurale est une option libre au choix de chacune quand l’accouchement se fait avec la tête la première, il est recommandé d’accoucher sous péridurale pour faciliter le soulagement des contractions et la réalisation de ces manœuvres en cas d’accouchement du siège.

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Adrien Gaudineau est Praticien Hospitalier au sein du Pôle de Gynécologie-Obstétrique des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg. Il est plus particulièrement investi dans la prise en charge des...
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