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Prévention

Enceinte, adoptez les bons réflexes alimentaires en toute sécurité

Femme enceinte, nourriture

Manger mieux, mais non deux fois plus

Pendant la grossesse, le mot d’ordre est de manger mieux. Il convient d'avoir une alimentation équilibrée et variée. Les nutriments, les fibres, les vitamines et les minéraux sont nécessaires au bébé. En termes de quantité : trois petits repas plus légers que d’habitude, un goûter plus une collation (produit laitier et fruit ou pain). L'idéal est de poursuivre durant les 9 mois de la grossesse (et plus si possible). Certains guides comme le guide nutrition de la grossesse-INPES peuvent aider à s’y retrouver. De façon générale, les produits alimentaires enrichis spécifiquement destinés aux femmes enceintes et les compléments alimentaires sont inutiles dans le cadre d’une alimentation saine. Vous éviterez ainsi d’avoir faim tout au long de la journée.

Épinards, yaourts, sardines, ces aliments qui vous veulent du bien !

Certains minéraux et vitamines sont très importants pour le bon déroulement de la grossesse :

  • les folates (contenus dans les épinards, la mâche, le melon, les noix, les pois chiches…)
  • le calcium (lait, yaourts, fromage…)
  • la vitamine D (poissons gras: sardine, saumon, thon…)
  • le fer (viandes et poissons, légumes secs: lentilles, haricots blancs, pois chiches…)
  • l’iode (crustacés bien cuits). A noter que les huîtres et les fruits de mer sont autorisés pendant la grossesse à condition que ceux-ci soient bien frais.

Attention au sucre !

De façon générale, on mange toujours trop de sucre pendant la grossesse. La plus simple des recommandations est de privilégier les sucres lents et d’éviter les sucres rapides. Il faut impérativement se méfier des fruits qui peuvent constituer un apport trop important en glucose. Si la crainte de ne pas donner suffisamment à manger au bébé, en réalité, le glucose est pompé activement par le placenta dans la circulation sangine de la mère. Il y en a toujours assez dans la circulation du fœtus. En excès, le fœtus le transforme en graisse et s’habitue à cet apport excessif. Nous sommes parfois obligés à le perfuser en glucose à la naissance. Pas sympa comme comité d’accueil !

La toxoplasmose et la listériose, deux maladies dangeureuses pour le foetus.

- Comment se prémunir de la toxoplasmose?

Certains aliments doivent être évités pendant la grossesse sous risque de contracter des maladies infectieuses comme la toxoplasmose. Non contagieuse, cette infection est généralement bénigne et passe même souvent inaperçue pour un adulte. Elle peut, en revanche, avoir des conséquences sur le fœtus si elle est contractée pendant la grossesse. La toxoplasmose se transmet avant tout par les chats qui peuvent alors contaminer l’homme par l’intermédiaire de leurs excréments contenant le parasite. Celui-ci se retrouve dans la terre, mais également sur des fruits et légumes suffisamment bas pour être contaminés par les déjections du chat. Les moutons, les porcs ou les vaches peuvent aussi se retrouver contaminés : la transmission à l’homme se fera en mangeant une viande insuffisamment cuite. Le tartare attendra donc la fin de la grossesse. Et toute viande consommée pendant la grossesse devra être bien cuite.

- Comment se prémunir de la listériose?

D’autres maladies infectieuses sont à prendre en compte comme la listériose (maladie due à la bactérie Listeria et potentiellement dangereuse pour la grossesse). Il faut éviter de consommer :

  • les fromages au lait cru (et préférer les fromages au lait pasteurisé)
  • les poissons fumés et les coquillages crus (à moins d’une fraicheur irréprochable)
  • les produits de charcuteries tels que les rillettes, terrines ou autres pâtés (le jambon préemballé comporte peu de risques)
  • les graines germées comme les graines de soja.

Des normes d'hygiènes contre les infections

Des mesures préventives s’imposent :

  • se laver les mains après avoir manipulé de la terre, des crudités ou de la viande crue
  • consommer de la viande bien cuite, car le parasite ne résiste pas à une température supérieure à 50° C (ni à la congélation d’ailleurs)
  • éviter tout contact avec les chats (à moins qu’ils ne sortent pas du domicile), en particulier le changement de la litière.

Boissons sucrées et alcool à proscrire pendant la grossesse

- Attention au sucre des sodas 

De même que pour les aliments sucrés, il convient d’arrêter les boissons sucrées sous peine de risquer un diabète de la grossesse.

- Zéro alcool pendant la grossesse 

Une association de signes pathologiques peuvent également se voir de façon plus ou moins complète selon la quantité d’alcool consommée. Il s’agit du syndrome d’alcoolisation fœtale décrit chez des enfants de mères consommant régulièrement une quantité modérée d’alcool dès le premier trimestre de la grossesse. Il associe :

  • un petit poids de naissance
  • une forme de visage particulière
  • des malformations cérébrales, cardiaques, des yeux, du squelette...
  • un retard du développement staturo-pondéral
  • un retard mental plus ou moins marqué (le QI moyen est alors de 75)
  • des troubles neurologiques et comportementaux variés (troubles du langage, des gestes fins, de l’attention, instabilité...).

On ne connaît pas d’effet seuil, c’est-à-dire que les conséquences pour l’enfant sont proportionnelles à la quantité ingérée. D’un côté, plus la consommation est importante, plus les effets fœtaux seront sévères et nombreux. De l’autre, ces effets sont variables d’une personne à l'autre. Ils peuvent se voir à partir d’une prise minime d’alcool du fait de facteurs génétiques, nutritionnels et environnementaux propres à chacune. A ce titre, il est important de noter qu’en terme de quantité d’alcool ingéré que : 1 verre de vin (10 cl) = 1 bière (25 cl) =1 alcool fort (3 cl) = 10g d’alcool. C’est pourquoi il est conseillé d'appliquer le « zéro alcool » pendant la grossesse.

Respecter un équilibre alimentaire pendant l'allaitement... et toujours zéro alcool

Les différents composants du lait proviennent bien sûr de l’alimentation de la maman, mais aussi des réserves maternelles et de l’activité de fabrication de certaines cellules spécifiques de la glande mammaire. Il est vraisemblable que l’alimentation maternelle a un impact sur la composition en éléments nutritifs du lait, mais il n’y a pas de véritables preuves scientifiques permettant de recommander un régime particulier.

Finalement, les médecins recommandent de suivre des habitudes alimentaires saines, comme on peut conseiller de façon générale. Encore une fois, attention à l’acool ! La quantité d’alcool dans le lait est équivalente à celle dans le sang maternel. Des retards psychomoteurs ont été notés chez les enfants allaités de mères buvant régulièrement. On s’est aperçu sur cette question qu’il n’y a pas d’effet seuil au-delà duquel l’alcool serait nuisible. Ce qui veut dire que deux verres c’est deux fois pire qu’un verre. On sait donc, même si on n’est pas capable de le mesurer que l’alcool à des effets quelque soit la dose ingérée. C’est pourquoi une option « zéro alcool » est toujours conseillée pendant l’allaitement.

Une activité physique et une alimentation saine après l'accouchement

A l’accouchement, entre le poids du bébé, du placenta et du liquide amniotique, on perd à peu près 5 kilos du jour au lendemain. Reste donc quelques kilos à perdre en faisant de l’exercice et en faisant très attention à son alimentation. Médicalement parlant, il est très important de perdre ces kilos en trop et de ne pas les accumuler de grossesse en grossesse, même si cela demande beaucoup d’effort. Il est démontré que revenir à son poids d’avant la grossesse est bénéfique pour prévenir les maladies éventuelles et les risques d’une nouvelle grossesse. Ceci étant, ce n’est pas dans les 6 semaines qui suivent de se mettre à faire du sport de façon excessive, ou entamer un régime lorsqu'on allaite son enfant. Il est important pour la jeune maman de retrouver ses repères de femme petit à petit, au rythme qui sera le sien. Et en douceur, se remettre à la pratique d'une activité physique.

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, Gynécologue-obstétricien
Adrien Gaudineau est Praticien Hospitalier au sein du Pôle de Gynécologie-Obstétrique des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg. Il est plus particulièrement investi dans la prise en charge des...
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