Vous êtes ici

Désir d'enfant

La prise prolongée d'une pilule contraceptive peut-elle entraîner une infertilité ?

Comment fonctionne le corps de la femme sans contraception ?

Quand les règles commencent à l’adolescence, cela veut dire que le cycle hormonal s’est mis en route et que les ovaires commencent à produire deux hormones : œstrogène et progestérone. L’endomètre, la muqueuse qui tapisse l’intérieur de l’utérus, est justement très sensible à ces hormones. Dans la première partie du cycle, sous l’influence des œstrogènes la muqueuse s’épaissit progressivement puis, durant la deuxième partie, sous l’influence de la progestérone se transforme. A la fin du cycle (en moyenne 28 jours mais cela est très variable en fonction des femmes) la chute des hormones entraîne la « mort » de la muqueuse. Les règles correspondent à l’évacuation de cette muqueuse desquamée sous forme de saignements. Et ça recommence le cycle d’après... jusqu’à la ménopause.

Avec la prise de la pilule, que se passe-t-il ?

Quand une femme prend la pilule, tout est différent. La pilule marche parce qu’elle met justement l’ovaire au repos (à la fois de la fabrication des ovules mais aussi de la fabrication des hormones naturelles).
Par conséquent, les seuls œstrogènes présents dans le corps sont ceux apportés par la pilule que l’on prend quotidiennement. Lorsqu’il n’y a pas d’écart de prise, il n’y a pas de variation d’épaisseur de la muqueuse. En fin de plaquette, l’apport des hormones est arrêté et on a alors des petits saignements. Ce ne sont pas des vraies règles, mais des règles artificielles.
De plus en plus de traitements contraceptifs évitent désormais aux femmes qui le souhaitent ces « fausses règles » et la tendance actuelle est de s’en passer car elles n’ont finalement aucun intérêt pour la santé. Leur absence n’est absolument pas un signe de maladie, ni d’infertilité.
Les règles qui étaient vécues par nos grands-mères comme un signe de vitalité, la source de la vie, sont devenues pour les jeunes femmes modernes une source d’embêtement plus qu’autre chose.

Il n'existe aucun lien entre la stérilité et la prise de la pilule contraceptive

La plupart des méthodes de contraception sont réversibles. Il en existe seulement deux qui ne le sont pas : l’une concerne la femme (interruption de la perméabilité des trompes), l’autre concerne l’homme (vasectomie).
Jamais une contraception réversible quelle qu’elle soit n’a entraîné une stérilité.
On considère même qu’oublier la pilule ne serait-ce que 12 heures (et pour certaines, c’est même 3 heures) entraîne un risque de grossesse et peut nécessiter la prise de la « pilule du lendemain » si on ne veut prendre aucun risque.

A lire aussi : Surmonter une infertilité : les meilleurs conseils pour avoir un bébé

Désir d'enfant : quand arrêter la pilule ?

De ce fait, quand arrêter la pilule lors d'un projet d'enfant ? Il faut arrêter la pilule quand on se sent prêt à débuter une grossesse et pas avant. Evitez surtout les arrêts de la pilule juste pour voir si les règles reviennent bien. Cela ne sert à rien et on a déjà vu des patientes sans règles être enceintes.

Une supplémentation par l'acide folique
Avant d'arrêter la contraception et d'être enceinte, n’oubliez pas la prévention par l’acide folique pour favoriser le bon développement du cerveau du futur bébé. Cela nécessite de prendre un comprimé par jour un mois avant le début de la grossesse et jusqu’à 3 mois après. Comme on ne sait jamais quand la grossesse commence, il vaut mieux dès le lendemain de l’arrêt de la pilule commencer la prise de l’acide folique.
 

, Gynécologue-obstétricien
Adrien Gaudineau est Praticien Hospitalier au sein du Pôle de Gynécologie-Obstétrique des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg. Il est plus particulièrement investi dans la prise en charge des...
Partagez cet article