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Les bons gestes

5 conseils pour créer un environnement sain pour mon bébé

1/ Le fœtus et le nourrisson, très vulnérables aux substances toxiques

Les premiers stades de la vie, de la conception aux deux premières années de l’enfance, sont des périodes de très grande vulnérabilité à la toxicité des substances chimiques. Durant ces périodes-clefs, certains composés chimiques peuvent en effet interférer avec le développement des organes, et notamment celui du cerveau. D’autres, dits perturbateurs endocriniens, vont venir perturber le système hormonal et entraîner des effets néfastes sur la santé : troubles de la reproduction, malformations, puberté précoce, diabète, obésité… D’autres encore sont classés comme cancérogènes potentiels ou certains. Et ces effets peuvent s’additionner : les substances « CMR » sont à la fois cancérogènes, mutagènes (elles entraînent des mutations de l’ADN) et toxiques pour la reproduction.

Le problème : on ne connaît pas encore tous les effets des produits chimiques présents dans les objets utilisés au quotidien pour le bébé : biberons, produits de toilette, jouets, meubles, etc. C’est sans compter l'effet cocktail, c’est-à-dire leur action cumulée. Et une fois ces méfaits connus, il faut souvent plusieurs années pour que des mesures soient prises légalement afin de protéger nos enfants. En tant que parents, mieux vaut donc s’informer et prendre quelques précautions au quotidien.

2/ Créer un cocon le moins toxique possible pour son bébé

Cette chambre aménagée avec amour peut être une véritable usine à substances toxiques ! De nombreux meubles, surtout ceux en contreplaqué et aggloméré, émettent pendant des années du formaldéhyde, un COV (composé organique volatil) irritant pour les muqueuses des voies respiratoires et des yeux, et classé comme cancérigène certain par le CIRC (Centre international de recherche contre le cancer).

Une chambre saine, c’est une chambre propre, fraîche, sèche et régulièrement aérée.

  • Si vous avez des peintures à y faire, laissez-leur le temps de bien sécher. Pour réduire la pollution de l’air intérieur, choisissez de préférence un mobilier en bois brut plutôt qu’en contreplaqué. Et aérez toujours le mobilier neuf avant usage pour laisser évacuer les composants indésirables. Il est raisonnable de terminer les travaux de rénovation et d’aménagement plusieurs semaines avant la naissance et d’aérer le plus souvent possible avant l’arrivée du bébé.
  • Pour le sol, évitez le PVC qui contient des quantités non négligeables d’éléments chimiques potentiellement dangereux (comme des phtalates).
  • La poussière, les acariens peuvent provoquer des réactions allergiques, surtout s’il y a une prédisposition dans la famille. Évitez, si possible, tapis et moquettes de laine. Pour la même raison, préférez les couettes et oreillers en matière synthétique, lavables en machine. Lavez régulièrement les peluches.
  • Une aération de 15 minutes par jour permet d’évacuer odeurs, polluants et humidité. La ventilation renouvelle l’air en continu au moyen des grilles, bouches ou ouvertures spéciales : elles doivent être dégagées et nettoyées régulièrement. Les désodorisants d’intérieurs sont à éviter : les COV (composés organiques volatiles) sont irritants pour les voies respiratoires et certaines substances utilisées pour les parfumer sont des allergènes.

Une étude réalisée en 2009 par l’ASEF a montré qu’à eux-seuls, les lits de bébé émettaient près d’un quart de la dose de formaldéhyde fixée par l’AFSSET (Agence Française de Sécurité Sanitaire de l'Environnement et du Travail). Pour limiter cette exposition, voici quelques conseils :

  • choisissez des meubles en bois massif, si possible brut, afin d’éviter les peintures et vernis source de COV. Vous pouvez ensuite peindre ou vernir les meubles avec des produits naturels ou écolabellisés.
  • vous pouvez également opter pour des meubles d’occasion qui auront eu le temps de dégazer. Vérifiez toutefois qu’ils respectent les normes de sécurité actuelle, surtout pour les meubles esprit vintage.
  • pour les matelas et textiles, fiez-vous aux labels : éco-label Fleur de l’UE, label Oko-Tex Standard 100, label qualité QUL de « l’Alliance qualité pour des matelas en latex respectueux de l’environnement », label Ecocert, label Naturtextil (allemand)
  • si vous optez pour des meubles en aggloméré, choisissez-les labellisés NF Environnement Ameublement
  • déballez les meubles et laissez-les « dégazer » plusieurs semaines avant l’arrivée du bébé
  • une fois installés dans la chambre du bébé, aérez celle-ci plusieurs jours

Côté travaux de rénovation et de décoration, ils sont déconseillés aux futures mamans - même s’il est naturel d’avoir envie d'y participer activement ! Les COV peuvent en effet traverser la barrière placentaire. Laissez donc le papa s'occuper de tout... selon vos directives bien sûr ! Pour limiter l'exposition de bébé aux émissions de produits toxiques, optez pour une peinture naturelle ou écolabellisée (label Ecolabel) ou portant la norme NF environnement, et étiquetée A+ (= très faibles émissions de COV). A noter que cet étiquetage existe également pour les cloisons, revêtements de sols, isolants, vernis, colles, adhésifs, etc. Et idéalement, faites les travaux plusieurs mois avant l’arrivée du bébé, sinon, veillez à aérer la pièce régulièrement, afin d’éliminer les odeurs de peintures et autres COV.

3/ Jouer oui, mais sans s’empoisonner !

Retardateurs de flammes, allergènes, phtalates, formaldéhyde, métaux lourds… Une étude réalisée en 2009 par 60 millions de consommateurs a mis en évidence la présence de substances toxiques dans près de la moitié des jouets testés. Les conseils du Dr Halimi pour limiter l’exposition :

  • choisir des jouets en bois non vernis
  • miser sur les labels Spiel Gut, Oko-Test, Nordic Swan, qui garantissent l’absence des polluants les plus répandus
  • choisir des jouets garantis « sans phtalates » ou « sans PVC », en faisant toutefois attention aux produits de substitution
  • laver les peluches avant utilisation et aérer les jouets une fois déballés.

4/ Des repas sains

Même si l’on reproche au lait maternel de contenir des substances toxiques, il demeure le mode d’alimentation le plus sain pour bébé. Lorsque le bébé sera sevré, ou si toutefois vous optez pour un lait artificiel, choisissez-le de préférence bio, à donner à bébé dans un biberon en verre. Certes le BPA est interdit dans les biberons en plastique, mais quid des substances qui le remplacent ? Prudence donc ! Le verre demeure le plus sûr, y compris pour réchauffer les petits plats de bébé, maison de préférence et concoctés avec des produits bio.

5/ Un bébé propre en toute sécurité

Un bébé qui sent bon le bébé… c’est agréable ! Mais en matière de toilette de bébé, mieux vaut rester simple. Une enquête réalisée en 2014 par 60 millions de consommateurs avait conclu que plus de la moitié des 52 produits d’hygiène pour bébé testés étaient à proscrire en raison de la présence de substances irritantes, allergisantes ou de perturbateurs endocriniens. Sur la sellette notamment, les lingettes, pratiques certes, mais souvent toxiques. Essayez d’en limiter l’usage aux déplacements. A la maison, un change au liniment oléocalcaire (une recette ancestrale à base d’eau de chaux et d’huile d’olive) est suffisant. Il protège même les fesses du bébé ! Pour le bain, privilégiez les produits écolabellisés (Cosmétique BIO, Ecocert, Nature & Progrès). Quant à la crème hydratante et au parfum, ils sont rarement indispensables pour le bébé.

« Pour mon premier bébé, j’avoue, je me suis laissée tenter par les produits classiques qui laissent une si bonne odeur sur la peau de bébé… Mais au fil du temps, je me suis de plus en plus penchée sur tous ces produits et leurs composés toxiques, et cela m’a fait peur ! Pour mon second bébé, je suis donc passée au savon d’Alep sur les conseils d'une maman nature. Alors oui c’est vrai c’est moins agréable à l’usage, mais si l’on peut limiter les choses chimiques… Je pense qu'être parent est l'occasion d'être à un plus attentif à tout cela. », Anne, maman de Théo, 3 ans, et Robin, 1 an.

Journaliste spécialisée dans l'univers parental et la santé, également maman de trois enfants. Auteur de Qui va garder mon bébé (Tournez la page, 2013). ...
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