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Pétition en cours

Un débat qui fait le buzz: pour ou contre l'allaitement en public?

Fotolia : Allaitement

Alllaiter son enfant dans un lieu public, un sujet qui fait encore couler beaucoup d'encre. Pour les jeunes mamans, allaiter son nouveau-né relève souvent du parcours du combattant. Aujourd'hui, deux discours s'opposent : d'un côté, celui du corps médical et de l'OMS  qui insitent sur la nécessité d'un allaiement maternel jusqu'à l'âge de 6 mois minimum, en raison de ses vertus sur la santé du bébé; de l'autre, la société qui ne souhaite pas être témoin d'un allaitement dans des lieux publics. Mais comment une jeune maman peut-elle allaiter son enfant si elle ne peut le pratiquer ? Devrait-elle rester cloîtrée chez elle pendant 6 mois ? La France n'est pas le seul pays à ête le théâtre de cette contradiction. En Australie, par exemple, une campagne avait été menée pour faire accepeter l'allaitement dans les lieux publics. Retour sur l'histoire de Sophie, maman d'un petit garçon de deux mois, qui s'est vu interdir d'allaitement dans un commissariat du IIe arrondissement de Paris, qui a décidé de porter son histoire sur la scène publique...

"Couvrez ce sein que l'on ne saurait voir"

Lundi 10 avril 2017, Sophie fait la queue dans un commissariat du IIe arrondissement de Paris depuis déjà un moment avec son mari Nicolas (pour établir une procuration poir les élections), quand soudain, son jeune fils, âgé de deux mois se réveille, pleure et commence à montrer des signes de faim. Instinctivement, la jeune maman veut nourrir son enfant. Tous les parents savent que lorsqu'un nourrisson pleure parce qu'il a faim, il faut réagir vite. Par politesse sûrement, Sophie demande à une policière présente près d'elle s'il est possible d'allaiter son enfant dans une salle du commissariat. Contre toute attente, la réponse est négative. Elle explique, dans le texte où elle raconte sa mésaventure, publié sur Change.org :

" Arrivés notre tour, nous demandons à la jeune femme policière qui oriente les gens vers différents guichets si nous pouvons nous asseoir et allaiter notre enfant. Elle nous répond qu'elle va demander. Une minute après, gênée, elle revient accompagnée d'un policier qui prend immédiatement le parti de nous agresser. Il nous explique sur un ton très hostile qu'ils ne nous laisseront pas allaiter et qu'ils n'ont aucune pièce prévue à cet effet. Nous répliquons que je n'ai besoin que d'une chaise. Sa réponse? 'Il est hors de question que vous allaitiez en public ! Vous n'allez pas imposer ça aux gens.' Nous promettons d’allaiter “très discrètement grâce à une pièce de tissu, un lange, qui sert à cacher ma poitrine” (ce sein que la police ne saurait voir). Il reste inflexible, catégorique et nous fait signe de circuler : l'allaitement au commissariat du 2ème n'aura pas lieu."

Sophie et Nicolas, en rentrant du commisariat, ont souhaité aussi partager leur malheureuse expérience sur Facebook. Choqués et déconcertés, ils ont réagi. "On avait envie d'entendre un écho de ce qu'on venait de vivre. Ça permet de sentir que ce qui s'est passé n'était pas normal, d'absorber le choc. On a donc écrit un post Facebook"

Les réactions des internautes ne se sont pas fait attendre Les partages, likes, ainsi que les commentaires sont nombreux, venant de tous les horizons. 

https://www.facebook.com/nicolas.danet/posts/1296109333758878?pnref=story

Une pétition qui fait le buzz

Puis, "des gens dans les commentaires nous ont conseillé de créer une pétition."  C'est ainsi que Sophie passe à l'acte sur Change.org,  avec une pétition intitulée "Droit à l'allaitement", pour raconter son histoire et dénoncer ce type comportement. Une pétition qui a déjà reçu au moment où nous publions plus de 18 000 soutiens en quelques jours seulement. Cette pétition est envoyée conjointement au Commissariat du IIe arrondissement, au Ministère de l'Intérieur et au Procureur de la RépubliqueLe débat s'emballe, et il n'est pas prêt de s'arrêter. Car une prise de conscience semble émerger.

Deux discours contradictoires

L'OMS (Organisation Mondiale de la Santé) insiste fermement sur les apports essentielles pour le bébé du lait maternel. Il est écrit, noir sur blanc, que 'l'aliment parfait pour le nouveau-né qui doit commencer à s’alimenter dès la première heure qui suit la naissance. L’allaitement exclusif au sein est recommandé jusqu’à l’âge de six mois. De six mois à deux ans, voire plus, l’allaitement doit être complété par une autre alimentation". De nombreuses mères, souhaitant le meilleur pour leur enfant, décident d'allaiter. Mais, de l'autre côté, il existe encore, une vision très péjorative de la femme qui "dégaine son sein" pour nourrir son bébé, instaurée et ancrée dans notre société. Pourtant, cet acte est naturel et recommandé. Alors, que faire ?

Donner son sein en public, oui mais sans ne rien montrer

Nourrir son enfant ne se fait pas seulement à la maison, mais aussi à l'extérieur. Dans un parc, dans une cafétéria, dans un magasin... dans un commissariat, il n'y a aucun lieu réservé à l'allaitement. Pourtant, le regard porté par autrui n'est pas forcément bienveillant et compréhensif. Nombreuses mamans doivent alors se cacher pour donner le sein à leur enfant. Dans des toilettes, dans une pièce à part, ces femmes sont contraintes d'être isolées. En 2013 déjà, Laëtitia, 41 ans, allaitait son enfant dans un magasin lorsqu'on l'a priée d'aller donner le sein ailleurs (c'est à dire dans la réserve ou dehors). L'impression "d'avoir était prise en faute" et de s'être rendue "coupable" d'une pratique qui pourtant est autorisée par la loi. La jeune femme avait alors porté plainte contre le Procureur de la République. Sans suite.

Créer un droit à l'allaitement et repenser les espaces publics ?

La question qui se pose aujourd'hui est : doit-on créer un droit à l'allaitement pour les mères ?  Et faut-il légiférer pour forcer certaines institutions publiques à prévoir des espaces de discrétion, pour permettre aux femmes d'allaiter ? Ou va-t-on continuer de laisser cette situation de contradiction, très difficile à vivre pour les mères perdurer ? Il en va de la santé des bébés. Et peut-être aussi d'un esprit de responsabilité de la part de la population toute entière qui doit accepter d'être solidaire de "ses" enfants. Et vous qu'en pensez-vous ? Comment avez-vous fait si vous avez allaité votre bébé ? N'hésitez pas à partager vos opinions sur notre page Facebook.

Rédactrice, passionnée par le parenting et spécialisée en publication numérique....
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